Seuil

 

Cette marche vers soi-même et les autres est une aventure totale. Ces jeunes ont étonné leur famille, leur éducateur, les marcheurs et rompent enfin avec une logique d’échecs qu’ils connaissaient trop bien jusqu’à maintenant. Voici leurs témoignages :

 

Témoignage de Romain :
 
 

 Que t’a apporté la marche ?« J’adore marcher. Tout coïncidait avec le projet Seuil…. C’est une chance de faire la marche Seuil. Je suis fier de l’avoir faite….J’ai pris conscience dès les 1ers kms que la marche allait être bénéfique. La marche permet de voir les erreurs que l’on a faites. Après la 3ème ,je m’étais enfoncé dans le cannabis… »

 

 « Avant la marche, j’avais la trouille : ne pas fumer, savoir où dormir, de l’inconnu. Dès la frontière passée, la trouille a disparu. La 1ère étape était de 17 km, avec des paysages de bonheur. »

 

 Le plus dur pendant la marche ? « Ne pas voir des visages familiers. Au bout de un mois, j’ai fait une crise. Mon père m’a incité à poursuivre ».

 

 La relation avec l’accompagnant ? « On a une haine envers nous-même mais on ne le sait pas. Alors on peut être infecte avec l’accompagnant. On se défoule sur l’accompagnant qui est la référence adulte. C’est de la colère, de la rage. Pour moi, c’est une personne qui fait son chemin, « qui tient le porte-monnaie ». On parle ensemble de tout et de rien. On est chacun dans notre marche »…  « La marche, c’est un travail sur soi, très personnel »… « Marina, mon accompagnant et « Loup Blanc » m’ont fait cogiter sur le chemin ».

 

 Les difficultés de la marche ?« Mon sac à dos de 17 kg car j’avais peur de manquer. J’ai souffert au niveau des jambes car on m’a découvert une sciatique pendant la marche. »

 

 Le projet de retour ? « Le projet s’est formulé pendant la marche mais c’était encore loin. A la fin de la marche , je suis allé deux semaines dans une famille d’accueil, puis en internat avec les week-end en famille. J’ai repris le lycée et le travail. »

 

 « Avant l’école était pour moi « une cour de récré ». Maintenant, j’ai du respect vis-à-vis  des profs car ils nous apprennent quelque chose. Le respect, je l’ai appris sur le chemin.»

 

 « Maintenant je suis content de vivre, de me lever le matin, d’avoir avancé, et d’être libre de faire ce que je veux ».

 

 

Océane, une jeune fille de 17 ans. 105 jours de marche d’Irun à Mérida :

C’est une erreur de penser qu’un tel voyage n’est qu’un voyage et qu’on peut le ranger dans une case et l’oublier. Je ne sais pas bien expliquer en quoi le chemin agit et ce qu’il représente, je sais qu’il est vivant et qu’il te redonne goût à la vie.J’ai appris à prendre sur moi, à aller plus haut dans mes objectifs, à prendre confiance en moi, à me remettre en question et à être plus épanouie “.

 

Nathan, un jeune garçon de 17 ans, à Fisterra (Espagne), le 27 février 2016 :

Là, je ne sais pas comment je pourrais l’expliquer, mais je suis rentré en résonance avec moi-même. Les rafales de vent que je prenais en pleine face venaient de la droite et fouettaient mon visage, je les ai prises comme des baffes que la vie me donnait pour toutes les conneries que j’ai faîtes. […]

 

Les vagues de la mer s’échouant sur les rochers me rappelaient tous les projets tombés à l’eau que j’avais pu vouloir entreprendre. La mer très agitée me rappelait l’instabilité de ma vie d’avant. […]

 

En plein milieu de toute cette agitation est survenu, comme par magie, un moment de pur calme où le vent a cessé de souffler, la mer a cessé de s’agiter et en plein cœur des nuages gris comme le gravier est survenu un magnifique soleil apparaissant comme la lumière que j’avais trouvée sur le chemin. […]

 

C’était comme pour célébrer mon retour à la lumière et donc ma sortie des ténèbres par le biais du chemin.