Seuil

Marche de Mickaël accompagné par Olivier du 11-1-2018 au 10-4-2018

 

Lundi 22 janvier : Séville

Aujourd’hui, nous avons fait une visite guidée (le guide parlait français). Toutes les rues, les monuments, les sculptures, les fontaines… tout est beau. Il y a plein d’orangers, ça décore encore mieux la ville.
Le soir, nous avons été voir un spectacle de pur flamenco, c’est très triste et magnifique en même temps.
Les plats sont bons. Tout va bien.

Mardi 23 janvier : Guillena

Première étape de 22 km. Nous avons mis 6h. C’était tranquille.

Mercredi 24 janvier : Castiblanco

J’ai vu des champs d’oliviers et d’orangers et des passages canadiens. Il y avait un mec posé sur un cheval comme sur une chaise dans un bar.

Jeudi 25 janvier : Almajen de la Plata

Nous avons traversé le parc de la Sierra Norte. C’est la première fois que je vois des cochons noirs en liberté dans un parc.  Dans le village d’Almaden, un “pélo” se baladait dans le plus grand des calmes avec son loup en laisse.

Vendredi 26 janvier : El Real de la Jara

Sur le chemin, il y avait la tombe d’un randonneur. Sinon rien de spécial. Petite balade de 15 km dans la nature. C’était agréable. Nous arrivons dans un gîte pour nains. Après il y a eu Regina qui est arrivée. Elle sourit tout le temps. C’est une ancienne “teufeuse”. Elle tient une école de boxe avec son copain en Italie (elle est Italo-argentine)

Samedi 27 janvier : Monesterio

J’ai bu du maté, une boisson argentine, une gorgée et t’es réveillé. C’est dix fois plus fort que le café. Nous venons d’arriver dans un gîte très grand et beau. Un vieux monsieur solitaire (affreux et bizarre), mais sa musique passe bien. C’est calme. Il y a, à nouveau Régina (ça veut dire “reine” en italien), toujours accompagnée de son chien Léo, un border collie). Ce soir, j’ai une chambre pour moi tout seul.

Dimanche 28 janvier : Fuente de Cantos

Aujourd’hui, nous avons marché un bout de chemin avec Regina. C’était sympa. Comme je veux apprendre à parler et comprendre l’espagnol, Olivier m’apprend quelques mots par jour. 
Ce soir, nous dormons dans un couvent. C’est le premier pour moi. Nous avons mangé avec Regina qui m’a aussi appris quelques mots en espagnol avec la dame du couvent et Olivier, trois professeurs pour moi. C’est bon ça.

Lundi 29 janvier : Zafra

Ce n’est même pas compliqué, en plus on est de repos à Zafra. Nous avons fait les courses, puis direction le gîte. Olivier et Regina ont fait à manger (très bon). Moi, j’ai dansé le flamenco avec Anne-Marie (la dame du gîte. Elle vient de Triana. Elle est adorable). 
J’ai appris par Regina que si tu mélanges du poivre et du curcumin, ça fait un anti-inflammatoire pour les bronches.

Mardi 30 janvier : Zafra

Je dois rester un jour de plus à Zafra pour reposer ma jambe. J’ai fait un dessin. Je l’ai dessiné vite fait. Comme Anne-Marie le voulait absolument, je lui ai donné, elle était heureuse de le recevoir. Nickel alors.

Mercredi 31 janvier : Zafra

Il y a un petit allemand de 11 ans. Il est marrant.
Dans les bars, on te donne des cacahuètes et des bonbons.
Dans les toilettes, il y a des distributeurs automatiques de brosses à dents.

M

Mercredi 31 janvier : Zafra

En repos, je me suis vite mis sur internet, sinon on n’a rien fait aujourd’hui

Jeudi 1er février :  Villafranca de los Barros

Bon gîte. On dort dans des espèces de boîte, mais on y est très bien, en plus c’est bien chauffé. 
Il y a deux allemands d’une association comme Seuil.

Vendredi 2 février :  Torremejia

Aujourd’hui 28 km. C’est toujours tout droit, à gauche des villes et à droite des oliviers à perte de vue. C’était fatiguant à la longue, mais pas insurmontable.

Samedi 3 février : Merida

Nous avons visité des structures romaines. C’est impressionnant de se dire qu’ils ont fait tout ça à la force de leurs bras et que c’est toujours debout 2000 ans plus tard. Il faut imaginer que dans les arènes, il y avait des gens qui se battaient littéralement pour leur vie. 
J’ai aussi oublié mes bâtons à la poste. Comment j’ai fait pour oublier des objets que j’ai tous les jours dans les mains ?

Dimanche 4 février : Aljucen

Il faudrait que j’apprenne l’anglais, mais vraiment à communiquer, pas pour me mettre en cours d’anglais dans un lycée ou collège. Il ne faut pas me dire que ça apprend la vraie communication. J’y prendrai pour une blague
Sinon je sens que le camino fait son effet apaisant petit à petit.

Lundi 5 février : Alcuesar

Aujourd’hui, j’ai pris conscience qu’il faut que je revoie mes priorités et que je m’organise mieux dans ma vie et dans ma tête.

Mardi 6 février : Aldea del Cano

Je ne sais pas quoi écrire, c’est tous les jours à peu près la même routine, mais on y est bien. Pour les lecteurs (la parole ne sert à rien, mais la voix intérieure est indispensable et bénéfique).

Mercredi 7 février : Cacerès

Ne faire confiance à personne si ce n’est en soi et aux livres eux ne te mentent pas, ni ne t’influencent à part si tu le souhaites.

Jeudi 8 février : Casar de Cacerès

Comme j’ai encore la flemme d’attendre pour la deuxième fois, j’ai pris une douche bien froide. Il faut vraiment que je fasse une chose à la fois et à être plus patient.

Vendredi 9 février  : Canaveral

Au réveil de tous les jours j’ai la tête dans le c…. c’est ch…à force. Il faut que je me réveille mieux et encore plus vite. C’était 33 km aujourd’hui la fin sur du béton, mais la vue était magnifique, mon regard s’y perd.

Samedi 10 février : Grimaldo

Olivier m’a prêté un livre “le guide spirituel” des chemins de Saint-Jacques pour ne pas faire le chemin comme un randonneur, mais comme un vrai randonneur dans un but plus spirituel.

Dimanche 11 février : Grimaldo

On est en repos, le premier depuis onze jours que je n’ai pas vu passer. La preuve que j’aime la marche. Là où l’on est, il y a le carnaval qu’on va aller voir et ce soir on va aller dans un bon restaurant.

M

Lundi 12 février : Galisteo

Quand tu ne marches pas, on dirait que l’on t’enlève ton énergie, pas grave, tu es en repos, et puis tu t’ennuies un peu (j’ai compris que tu t’ennuies si tu le veux ou pas, à toi de choisir ton état d’esprit).

Mardi 13 février : Oliva de Plasencia (34 km)

C’est un peu fatigant. Le gîte est génial, mais je regrette “le Berticot”, gîte du 11. En vrai, je n’ai pas envie d’écrire.  

Mercredi 14 février : Aldeanueva del Camino

On a fait 10-12 km pour rien. Pas grave, ça arrive et 8 km pour arriver à l’arche (la grande arche) et là nous faisons la pause de midi. J’ai jeté mon tabac par terre et je me suis dit “allez un mois sans tabac facile (ou pas). On est le 14 février et je n’ai toujours pas fumé. En fait, c’est facile, mon mental est d’acier depuis la marche”.

Jeudi 15 février : Calzada de Bejar

Nous avons changé de région aujourd’hui. Je ne me souviens plus du nom et cela fait un mois que j’ai arrêté le shit et l’alcool (plus jamais).
Quand j’ai écrit, j’étais en Andalousie, extremadura/Castille Galice pour le futur.

Vendredi 16 février : Fuenterroble de Salvaterria

J’aime le gîte, surtout sa décoration. Je vais allez prendre des photos (2-3). Il y avait un groupe de jeunes de foyer.

Samedi 17 février : San Pedro de Rozados

Aujourd’hui, j’ai vu la Croix de fer de Saint Jacques (elle est au pic de la dune à 1169m d’altitude). Il y a des jours où j’ai écrit des “pavés”, mais je n’ai pas envie de mettre au propre, mes parents pourront lire tous mes écrits, c’est tout.

Dimanche 18 février : Salamanque

On est à Salamanque. C’est très vivant. Il faut que je vienne y vivre (6 mois, 1 an, 2 ans) en faisant boulanger-pâtissier (français).

Lundi 19 février : Salamanque

On est au repos à Salamanque, très belle ville (je n’ai pris aucune photo parce que c’est sûr que je vais y revenir).

Mardi 20 février : Calzada de Valdunciel

Pourquoi parler, ça ne sert à rien. J’espère qu’à Compostelle mon esprit sera plus clair. Quand on arrive tôt, il n’y rien à faire ;

Mercredi 21 février  : El Cubo de Tierra del Vino

Marcher est devenu simple. 5h deviennent 5 mn. Se concentrer sur des pensées pour que ça ne parte pas dans tous les sens est plus simple, aussi trop penser dans la vie de tous les jours est mauvais, mais sur le chemin c’est plus bénéfique.

Jeudi 22 février : Villanueva

Parler, donner des informations très importantes, j’arrive à faire quelques trucs de la vie quotidienne, normalement, de plus en plus.

Vendredi 23 février : Zamora

Un peu avant Zamora, il y avait un édifice avec les trois religions (musulmane, chrétienne, juive). 
Dans un resto on découvre trois musiciens, des pro de musique classique. Ils nous ont proposé de manger avec eux. C’étaient des belges, donc ils parlaient français. Ils nous ont invité à écouter leur concert de ce soir. Donc ce soir, musique classique (première fois que je vais écouter du classique).

Samedi 24 février : Zamora - repos 

J’ai aimé la musique d’hier. Normal c’était des pro. Nous sommes en repos. Je suis allé sur internet (F.B. Youtube) et ce midi je vais aider les hospitaliers à faire une paëlla. (ils étaient déjà trois, inutile de les aider. Elle était excellente leur paëlla).

M

Dimanche 25 février : Zamora —> Fontanillas de Castro

Ce soir, on dort dans une salle des fêtes, c’est vraiment de la m… Il fait froid et la douche est froide.
Pour mes pensées, ça avance, mais je n’en écris pas plus.

Lundi 26 février : Granja

Nous n’avons fait que 11 km au lieu de 35. Cela fait comme du repos. Nous mangeons encore (pour midi) au restaurant. Cela passe bien.
Là où l’on est, la douche est trop bien, c’est un truc normal, mais sur le chemin c’est magique (même moi quand je lis ce que j’écris, je trouve que c’est nul mais bon je suis obligé et je n’ai pas du tout envie de mettre ce que j’écris dans mon carnet de bord, ce blog). Si des gens ne sont pas contents, ce n’est pas mon problème, mais le leur.

Mardi 27 février : Tabara

Les jours avancent avec moi. J’arrive à ne penser à rien, tout va bien (sauf quand je dois écrire pour ce blog put… 

Mercredi 28 février : Villanueva de las Peras

Nous sommes partis de Tabara. Il y avait partout de la neige. Premier temps difficile. On n’a pu faire que 14km. Cela suffit la neige. Nous sommes avec un allemand, Marc. Il est plutôt tranquille.

Jeudi 1er mars : Olleros

Premier jour de pluie. J’ai appris des trucs avec l’allemand. Le soir nous mangeons au bar.

Vendredi 2 mars : Rionegro del Ponte

Nous nous sommes fait un resto gastronomique très bon et pas cher.
Marc nous a quittés. Il est parti en bus pour des raisons perso.
 

Samedi 3 mars : Mombuey

Vraiment je suis bien et heureux. J’ai encore fait une rencontre géniale (mais je n’ai pas tellement envie de la partager sur le blog)

Dimanche 4 mars :  Asturianos

Ma façon de marcher a changé et de penser. Pourquoi je ne veux rien vous écrire, je ne sais pas… Je sais juste que j’écris avec l’espoir …. en fait de rien, je me sens si triste en écrivant. 
Pourquoi je ne veux plus rien avoir affaire avec la justice, j’en ai marre, c’est peut-être ma dernière mesure de réparation, mais bon, vu comme je suis “merdique”, il ne faut pas trop rêver. Je pourrais m’y prendre mieux, mais non. Je ne veux pas. C’est moi. Ecrire mes souvenirs. Pourquoi vous voulez savoir ? Laissez-moi tranquille pour une fois que je suis heureux.

Lundi 5 mars : Requejo

On n’a marché que sur du béton avec la pluie, mais c’est pas grave. Je me sens mieux. Je n’irais pas en CER. Je veux être bien, c’est tout simple.

Mardi 6 mars : Lubian

Avec le vent et la neige dans la gue… J’ai pensé à mon retour dans ma ville (Je sais ce que j’ai à faire…). Une chose à la fois.

Mercredi 7 mars : Gudina

Nous sommes en Galice. 
Il y a un brésilien fort sympathique. Mes pensées étaient très bonnes aujourd’hui. J’en suis fier. Je sais ce que je veux faire (c’est beau)

Jeudi 8 mars :  Laza

Aujourd’hui, le seul truc que je veux vous dire, c’est que j’ai trouvé la vraie paix intérieure. Alors partez marcher.
En vrai, comme tous les jours, j’ai écrit un pavé. C’est bizarre. J’aime écrire.

Vendredi 9 mars : Vilar de Barrio 

13 km de montée pour arriver à Alberguerria dans le bar aux 1000 et une coquille. Il y en avait partout sur le mur, le plafond, partout. Je viens de finir mon premier Sudoku. C’est le brésilien qui m’a appris.
 

Samedi 10 mars : Xunqueira de Ambia

Nous avons trop galéré sur cette étape de 15 km. La pluie a fait que nous avons dû passer par une forêt pleine de ronces avec des endroits boueux. Nos pieds s’enfonçaient, on avait de l’eau jusqu’aux mollets. Mais c’est bon, je garde le sourire (tout va mieux dans ma tête et bientôt dans ma vie).

M

Mardi 13 mars : Ourense - Cea

Nous sommes arrivés à Céa en bus à cause de ma tendinite. Je veux me lever tôt car le sommeil est bénéfique et une idée de la mort. En même temps, il faut comprendre qu’on est mieux debout qu’à traîner dans son lit (tous les jours, il y a une leçon à apprendre. Il faut la trouver, puis la comprendre pour soi et enfin la mettre en pratique).

Mercredi 14 mars : Cea

Encore un jour de repos pour ma tendinite. J’ai malheureusement cru ne rien apprendre aujourd’hui, sans compter sur l’arrivée d’un américain, Marc. A son arrivée, rien, mais le soir venu, nous avons parlé et vu que l’Amérique est une destination qui me plait (je pense y aller depuis un moment), je lui ai demandé si être boulanger-pâtissier français, c’est un bon travail dans son pays. Il m’a répondu que “oui c’est très bien payé et apprécié” (lui c’est un banquier). Il n’y a pas de hasard si tu veux bien le voir et le comprendre, c’est un état d’esprit pratique. A toi de choisir. 

Jeudi 15 mars : Cea

Je n’ai pas bougé, je n’ai rien fait, j’ai juste pensé. (on reste à Céa encore pour ma tendinite). J’ai pensé aux personnes que j’ai rencontrées, ce qu’ils m’ont appris sur la vie. Je les remercie. Une chose importante : ne pas rester sur ses acquis. Trois jours au même endroit, c’est énorme.

Vendredi 16 mars : Castro Dozon

Je dois aller doucement avec ma tendinite (ce n’est pas grave d’aller doucement ou d’avoir plus d’étapes pour arriver au but voulu). Il faut avancer, ne pas s’arrêter. Le temps est long et court à la fois. J’ai fait du chemin et n’ai pas fini. Il faut toujours aller plus loin (toujours plus).

Samedi 17 mars : Laxe

Deux mois répétitifs, mais avec un petit changement de chaque jour qui deviendra grand. Je ne pense plus à chaque instant, je vis le moment présent. J’ai de belles phrases, je n’ai pas assez d’actes. A mon goût, il faut une pensée pour que vienne un acte véritable.

Dimanche 18 mars : Silleda

10 km sur le camino, c’est court, mais c’était mieux on n’a pas pris la route et premier jour de beau temps depuis Tabara. J’aime la vie, car j’ai appris à aimer la difficulté. 
 

Lundi 19 mars : A Bandeira

C’est à partir de ce jour que j’ai décidé de mieux écrire pour le blog pour remercier Seuil. J’apprends à contrôler mes pensées. Il faut que je fasse de même pour mes actes, car je sais que je n’ai pas fini de renaître de ma lente mort du passé. Me voilà dans le présent et je n’attends pas le futur, mais de le construire petit à petit, doucement, mais sûrement. Sinon, on a croisé la première personne française qui nous a raconté son histoire. Elle m’a appris de toujours voir le bon côté des choses.

Mardi 20 mars :  Outeiro

J’ai recroisé Claudine (72 ans). Nous nous sommes arrêtés dans un bar et en repartant elle m’a dit : “je me suis occupée de gens toute ma vie. Là cela fait 10 ans que je m’occupe de moi”. Savoir bien s’occuper de soi avant de vouloir s’occuper des autres. J’arrive de mieux en mieux à contrôler mes pensées.
 

Mercredi 21 mars : Santiago

Nous sommes arrivés pour le premier jour du printemps à Santiago avec un grand soleil. J’ai reçu ma compostela, ce qui fait de moi un vrai randonneur. Nous sommes allés à la messe et j’ai prié Saint-Jacques

Jeudi 22 mars : Santiago

Deuxième jour à Santiago. Le resto à midi, évidemment après bibliothèque. J’ai écrit des cartes postales. Une petite leçon importante néanmoins : sois fidèle à toi, même si tu dois envoyer “chi..” des gens ou des choses, reste toi, fidèle à toi, ne te mens pas, accepte les conseils en te demandant pourquoi ils sont utiles pour toi, que vais-je en faire ? 

Vendredi 23 mars : Negreira

Partis de Santiago nous sommes arrivés dans un gîte où il y avait plusieurs randonneurs, dont trois allemands qui parlent français. Ils m’ont invité à manger. Ils se parlaient en français même entre eux pour mieux pratiquer, c’est agréable de parler normalement en comprenant les mots et en sachant être compris. Merci à eux. 
Ne pas être désolé, mais savoir dire “merci et je t’aime sincèrement”.

Samedi 24 mars : Negreira

L’auberge est comparable à une maison abandonnée. 
Ne pas chercher d’excuse, voir les choses réellement et les résoudre intelligemment sans détour, c‘est le mieux. 

M

Dimanche 25 mars : Olveiroa

Je trouve que c’est vraiment bien qu’il n’y ait pas de mot pour définir l’expérience du camino, ce serait dommage de la réduire par un simple mot. Un homme qui s’appelle José m’a fait comprendre lors d’une conversation que lui vers 50 ans, venait de comprendre que la société nous fait croire à de faux plaisirs, de fausse fierté, “il ne faut pas faire des choses dans la vie juste pour faire “gonfler” ton alter égo”. Il parlait bien le français, c’était donc facile de le comprendre. Très bonne rencontre. Encore une personne trouvée sur le chemin.

Lundi 26 mars : Cee

Nous sommes à Cee. J’ai pu apercevoir l’océan. En arrivant nous avions deux solutions pour manger, soit acheter un sandwich, soit se faire à manger et même si nous avions faim, nous avons choisi la deuxième option. Il faut prendre son temps, prendre le temps de bien faire les choses. On peut apprendre beaucoup si tu as un oeil éveillé sur le monde et une bonne réflexion.

Mardi 27 mars : Fisterra

Nous sommes arrivés à Fisterra. Il faut se faire des plans pour le futur qu’ils soient proches ou lointains, mais le plus important est de savoir les changer, voire les annuler pour profiter pleinement du moment présent.

Mercredi 28 mars : Fisterra

Nous sommes allés au kilomètre 0, la fin du camino, le début du chemin plus grand, plus dur, plus beau, celui de la vie “el camino de la vida”. J’ai un petit quelque chose que je garde sur moi pour une autre raison, mais j’ai trouvé que ce serait parfait pour le symbole de l’homme nouveau.

Jeudi 29 mars : Lires

Nous sommes partis de Fisterra et nous sommes à 15 km de Muxia. Je pense que c’est le début de mon nouveau chemin, avec ma nouvelle pensée et mon nouveau regard sur le monde, en étant moi, ma nouvelle capacité de penser entièrement par moi-même. Beaucoup de gens se disent “je pense et j’agis de mon propre chef”. Il faut se poser la question est-ce que c’est vrai et pas une illusion que tu te forces inconsciemment à croire pour te protéger de la réalité, la seule vraie vérité quand tu es vraiment sûr de la vérité, ta vie va changer.
 

Vendredi 30 mars : Muxia

Une étape intéressante avec de la pluie, du vent et de la grêle vers la fin. Il faut toujours avancer quoi qu’il arrive. Quand tu y penses cela pourrait être mieux (le temps), je ne me dis pas que ça pourrait être pire, pourquoi penser au pire. Je me dis juste tout va bien.  

Samedi 31 mars : Santiago

Nous sommes de retour à Santiago pour faire le camino français et ce sera fini. Il y a un début et une fin pour toutes choses, sois en conscient, mais n’y pense pas.
Hier soir, j’ai parlé à un couple français lors de notre conversation, j’en ai tiré deux choses. Ils m’ont donné une information : quand tu pars de chez toi pour un autre endroit (pour eux c’est d’avoir quitté la France pour l’Espagne) pendant juste un an, ils ont remarqué qu’ils avaient changé énormément et que leurs amis de France très peu, voire pas du tout (lors d’une visite en France). Si tu restes au même endroit, tu ne vas que rester au même point. Mais si tu bouges, tu vas voir le monde, tu vas changer, te métamorphoser.
La deuxième chose qu’ils m’ont dite, c’est que mes paroles leur ont donné du courage pour la suite. Voici le vrai bonheur : aider et transmettre.

Dimanche 1er avril :   Arca

Juste une chose pour aujourd’hui. Il y a des gens qui te laissent dans ta m… et d’autres qui se font un plaisir de t’aider avec le sourire. Il y a de bonnes et de mauvaises personnes. Identifie-les et esquive-les ou intéresse-toi à eux si ce sont des bonnes personnes.
  

Lundi 2 avril : Arzua

Parfois ou souvent tu parles pour rien Pourquoi as-tu peur du silence ? Il faut aussi écouter les gens et apprendre à écouter le silence, il a plein de choses à te dire. Un homme français m’a appris à prendre du recul sur les choses pour agir bien et par toi-même. 

Mardi 3 avril : Palas de Rei

J’ai travaillé la volonté, ma volonté ? Tu en as besoin dans la vie. Il faut qu’elle soit forte et consciente. A la moitié de l’étape, j’ai décidé de ne plus me servir de mes bâtons. Une envie soudaine, on était à la pause de midi. Quelques pas après, j’ai trouvé la réponse à cette action. Il est plus facile de marcher avec des bâtons “ok”, mais là c’est symbolique. Je n’ai pas besoin d’appui, mais de volonté. Ne demande pas d’aide, mais ne la refuse pas (il faut appliquer cette règle).
 

Mercredi 4 avril : Portomarin

J’ai récupéré ma volonté à la vie qui me l’avait cachée, volée. Quand elle revient tu sens quelque chose de grand venir en toi, la volonté est là. On peut voir, comprendre et penser chaque détail de la vie, vraiment chaque détail et à force tu deviendras toi. C’est en assemblant plein de petites choses que ça finit par devenir grand.

M

 

Mercredi 4 avril :  Portomarin

 

J’ai récupéré ma volonté à la vie qui me l’avait volée. Je pense qu’on peut voir les détails de la vie et du monde qui nous entoure, les comprendre, avoir une bonne réflexion, puis les changer si besoin. Si tu es toi, tu peux tout contrôler grâce à ta volonté.

 

Jeudi 5 avril : Sarria

 

C’est le jour de mon anniversaire. J’ai 17 ans. Eh bien me voilà dix ans après l’âge de raison où j’ai raisonnablement fait de la “merde”, c’est le passé ça. J’ai hâte de voir mon futur présent. Il sera différent de ce qui était “prévu”, j’en suis sûr.

 

Vendredi 6 avril : Triascastela

 

C’est la dernière fois que je marche sur le camino via de la plata (La route de l’argent). De toutes façons, je me sens prêt à faire le chemin de la vie, même si ça ne sera pas le même style d’étapes.

 

Samedi 7 avril : Rennes

 

Aujourd’hui, nous avons pris deux trains, puis un bus de 4h après 3h de pause dans un café et 15h dans un bus où il n’y avait pas de place pour les jambes. Génial. Nous sommes arrivés à Rennes

 

Dimanche 8 avril : Rennes

 

Arrivés à Rennes, nous sommes allés dans une crêperie. J’ai pu voir mes cousins. Merci à Paul. Nous sommes allés au gîte pour nous reposer. Pour une fois un repos bien mérité.
 
 

Lundi 9 avril : stage d’après marche à Rennes

 

J’ai super bien dormi dans un lit à deux places. Aujourd’hui, j’ai vidé mon sac et choisi mes photos pour l’album.

 

Mardi 10 avril : stage d’après marche à Rennes

 

J’ai pu revoir mes cousins et choisi mon cadeau, avec un super moment.

 

Mercredi 11 avril : stage d’après marche à Rennes

 

J’ai fait mes albums photos

 

Jeudi 12 avril : stage d’après marche à Rennes

 

Là, je suis dans le train pour Paris. C’est bien fini. Merci à Seuil de m’avoir donné la chance de faire un chemin pendant trois mois, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie.

M