Seuil

Marche de Serxxx accompagnée par Mathilde du 8-6-2017 au 8-9-2017

Je m’appelle S., j’ai 16 ans et demi. J’habite à L.
Si j’ai choisi de partir faire la marche, c’est parce que j’aime l’aventure, découvrir beaucoup de choses, visiter des régions que je ne connais pas, voyager.
De plus, cela permet de se déconnecter de la vie active, de découvrir la nature et de se retrouver à l’intérieur de soi, de trouver le chemin que l’on cherchait et de méditer à travers soi.

Nous sommes partis dans un gîte, vers la campagne, assez sympa pendant cinq jours. Nous avons profité du bon temps : boire, se promener et échanger avec Frédéric, l’accompagnant, pour faire connaissance.

Jeudi 8 au dimanche 11 juin :

Nous nous sommes entrainés à marcher dans une forêt pour le début de la marche.
Le vendredi, on est parti acheter les équipements et le matériel.
Le dernier jour (dimanche), nous avons fait un point sur le déroulement de la marche et le règlement avec Anthony qui fait le suivi de la marche.

Lundi 12 juin : Saint-Querville       Omonville (17 km)

Nous sommes partis du côté de Cherbourg. Il a fait un peu froid, mais en allant vers Querqueville, il a fait plus chaud.
Le paysage était beau à voir.
Pour cette première journée de marche, nous n’avons pas rencontré de difficulté, étape facile, mais un peu de courbatures.
Au cours du chemin, nous avons rencontré un randonneur avec qui nous avons discuté et campé ensemble.

Mardi 13 juin : Omonville        Jobourg (17 km)

Nous sommes partis à 8h30, direction Jobourg. Anthony a préparé ses affaires et nous a quittés sur le chemin pour retourner chez lui.
En me réveillant, j’avais des courbatures et je marchais un peu en canard. :) Nous nous sommes arrêtés pour faire une pause et manger. Nous avons repris la route, traversé la colline de Jobourg, mais au fil du chemin, nous nous sommes un peu perdus, car les panneaux étaient mal indiqués. Nous avons demandé à un randonneur le chemin du GR et il nous a indiqué qu’il fallait traverser toute la colline, mais pour la traverser, il fallait marcher 3h de plus avec de grandes montées de 8 km. J’ai dit « non », car j’avais mal de partout, que j’étais fatiguée, donc nous avons décidé de camper, sinon, il aurait fallu marcher 3h de plus et nous serions arrivés vers 22h.
Nous avons parlé avec un randonneur qui s’appelle Dominique, personne très sympa. Il nous a même invités à manger chez lui aux alentours de Juillet quand nous serons arrivés à la 33ème étape

Mercredi 14 juin : Biville (17 km

Nous sommes partis à 8h30, presque sans rien manger le matin, car dans les alentours, il n’y avait ni commerce, ni épicerie.
Nous sommes en route pour marcher toute la colline entre la mer et les vallées. J’avais l’impression que cela était interminable. Il y avait des montées, de grandes montées de 8 km. Nous étions en hauteur, le chemin était étroit. Plus je marchais et plus il y avait des collines à marcher et vu que nous n’avions pratiquement rien mangé, j’avais peu d’énergie. J’étais fatiguée, j’en avais marre.
Nous avons fait une pause.
Arrivée à Biville, j’étais contente, car je me suis dit, nous avons fait une des étapes les plus difficiles parmi les 79 étapes.
Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant pour reprendre des forces et pour se faire plaisir. Comme on dit « après l’effort, le réconfort ».
Nous sommes arrivés dans une chambre d’hôte. Nous avons été accueillis par une jeune dame, nommée Mathilde, personne très sympa et qui nous a préparé un bon repas.
Après le repas, je suis partie faire la vaisselle pour aider Mathilde, car elle avait l’air fatigué, même si ce n’est pas à moi de la faire, je l’ai faite par gentillesse et générosité.
Je suis partie également dans le jardin pour jouer avec ses deux chiens, berger australien et un bâtard, tous deux étaient des bâtards.

Jeudi 15 juin : Sciotot (21 km)

Nous sommes partis, cette fois, à 10h30, un peu plus tard pour les courbatures que j’ai eues.
Sur le chemin, nous n’avons pas rencontré de difficulté, car à partir de Biville jusqu’au Mont Saint Michel, les étapes sont simples, car il n’y a pas beaucoup de montées.
En chemin, nous avons rencontré des randonneurs avec qui on a pu discuter. Nous avons fait une pause pour manger et nous sommes repartis.
Il a fait beau temps avec de la chaleur.
Arrivés au camping, nous avons posé nos affaires pour nous installer, très beau camping. Il y avait un restaurant, une piscine, jacuzzi.

Vendredi 16 juin : Barneville Carteret (25 km)

Nous sommes partis comme chaque matin à 8h30 direction Barneville. Nous avons pris le chemin, étape facile, pas de difficulté, nous avons profité du beau temps, car il a fait chaud. Nous avons marché tout le long de la mer pendant 2h. J’avais mal aux pieds mais sinon, nous avons pris du plaisir à faire une pause pour prendre des photos et discuter. Nous avons repris le chemin avec le sourire. Vers la fin de l’étape, mes douleurs aux pieds sont réapparues et la chaleur m’a rendu fatiguée.
Nous approchons du village et nous sommes bientôt arrivés. La vue est superbe, les maisons, la plage et les alentours sont superbes. Une fois arrivés dans le gîte, on m’a fait visiter ma chambre et je me suis aperçue que j’avais mon petit appartement, ma grande chambre avec la télé, ma salle de bains, une cuisine multi fonctions et pour finir un balcon avec vue sur la plage et la rue :). J’en ai profité pour m’installer sur la terrasse avec des petits gâteaux, thé, tranquille devant la télé. Le soir, nous sommes partis manger dans un snack.

Samedi 17 juin : Daneville plage (15 km)

Nous avons fait une grasse matinée, car aujourd’hui, nous n’avons pas beaucoup de kilomètres à faire. Nous sommes partis déjeuner dans un bar pour commencer la journée, avec un grand soleil. Cela fait du bien. J’ai constaté que j’ai perdu un peu de poids avec la marche et je commence à bronzer, malgré un petit coup de soleil.
Nous avons commencé à marcher tranquillement et après avoir marché 5 km, mes douleurs sont revenues sans cesse, ce qui est normal, car je n’ai pas l’habitude de marcher intensivement, mais avec le temps, je m’adapte.
Ma douleur augmente, donc nous avons décidé de nous arrêter à la pharmacie, mais elle était fermée. A ce moment là, je commence à avoir un coup de blues, je constate que mon entourage me manque, ma famille, mes amis et mon petit copain. Je repense également à l’épreuve que j’affronte aujourd‘hui, car j’ai eu un passé lourdement difficile et qu’il faut que je me confronte au présent pour surpasser mes épreuves, pour avoir un avenir meilleur et de me contenter de la chance que la justice me donne.
C’est pour cela qu’ils m’ont dit de faire la marche pour retrouver l e chemin que je dois prendre pour plus tard.
Nous avons appelé Paul à l’association pour prendre deux jours de repos face aux douleurs que je ressens. Pendant ces deux jours, nous sommes partis à la plage pour nous baigner, tremper nos pieds dans l’eau et manger au restaurant. J’ai remarqué aussi que j’ai pris des couleurs que j’ai bronzé.
Aujourd’hui, mon jour de repos s’achève et je me suis bien reposée, mes pieds également et nous repartons marcher à Saint Germain la plage, avec le sourire, dans la joie et la bonne humeur.

S.

Lundi 19 juin : Portbail

Nous reprenons le chemin, malgré la chaleur que j’ai ressentie ces derniers temps.
Aujourd’hui, nous avions une petite étape à faire. Le temps est moins chaud, donc c’est plus facile pour moi.
Le paysage était un peu désertique, mais avec la côte et  la plage, c’était beau à voir.
Le soir, vers 18h30, nous sommes arrivés au camping. Je me suis installée, mais je n’avais pas trop le moral, vu mes douleurs quand tout à coup l’éducateur m’annonce que je peux appeler mon copain, j’avais hâte de lui parler. Il me manque tant. Sur le coup, cela m’a redonné le sourire et m’a encouragé encore plus 

Mardi 20 juin : Coutainville

Nous nous levons le matin tranquillement. Nous avons pris le temps de nous préparer avant de partir. 
En préparant mes affaires, un couple de néerlandais a entamé la conversation. Comme je vois qu’ils ne parlent pas français, alors je décide tout de même à parler anglais (je sais un peu parler anglais :)) . J’ai rencontré un couple merveilleux. Elle m’explique alors en anglais et un peu en français pour que je comprenne qu’elle voyage avec son mari tout le long de la côte jusqu’au sud. Charmante dame, elle m’a donné une pomme, ainsi qu’à l’éducateur pour reprendre de l’énergie.
Cette rencontre se termine par une belle photo. Des fois, cela fait plaisir de rencontrer nos chers voisins étrangers.
Nous partons prendre la route, chemin agréable à marcher. Au bout de 2h, nous décidons de faire une pause dans un bar au cours de laquelle deux magnifiques chiens (berger allemand et un autre) viennent vers nous. J’en profite pour les caresser, leur donner un peu de chocolat et de prendre un selfie.
Nous reprenons la route et nous sommes à 3km de l’arrivée. Mes douleurs aux pieds reviennent un peu, même avec de la crème Arnica. Nous arrivons à l’hôtel « Le Normandy ». Je me dis « cela fait du bien quand même de dormir sur un lit, car la tente, ce n’est pas très agréable de dormir sur du dur ».
Nous en profitons pour voir un podologue pour voir quels sont mes problèmes de pied et d’où ils viennent.
Il m’explique que j’ai attrapé un début de tendinite, qu’il faut y aller « mollo » sur les étapes, car ça peut s’accentuer. Donc, en attendant, il me conseille de prendre une bassine chaque soir et d’y tremper mes pieds dans de l’eau glacée ou d’aller à la mer et de bien masser mes pieds avec une crème.
Le soir, l’éducateur appelle le directeur et lui propose de faire une pause de 3-4j pour éviter le pire. Le directeur est d’accord.
Pendant ces quatre jours, nous partons nous promener, manger dans des restaurants.
Je suis même allée chez le coiffeur pour me changer les idées et de tête. Je me suis fait un ombré hair blond, juste magnifique et je me dis qu’avec le bronzage, cela va ressortir. Et oui un moment de plaisir ne fait pas de mal.
La veille de notre reprise de marche, nous avons rendez-vous avec le podologue pour nous passer les semelles orthopédiques. Je les essaye et je me sens mieux dedans. Nous partons nous coucher à l’hôtel, chacun dans sa chambre et nous nous reposons pour l’étape de demain.

Samedi 24 juin : Régnéville

Nous avons fait une grasse matinée car aujourd’hui, nous n’avons pas beaucoup de kilomètres à faire, 7 km. Nous repartons doucement, car le podologue nous l’a conseillé. Il fait frais, nous partons avec de l’énergie. Arrivés au camping, nous nous installons et partons faire quelques courses.
Toute l’après-midi, nous avons retracé l’itinéraire et en avons profité pour faire une sieste. Le soir, j’ai mal dormi, car il y avait beaucoup de vent et de pluie, du coup ma tente  bougeait un peu dans tous les sens.

Dimanche 25 juin : Hauteville (6 km)

Nous nous levons, ce matin, dans la bonne humeur et nous partons pour Hauteville sur Mer. Pas beaucoup de kilomètres à faire et nous sommes arrivés plus tôt que prévu. A vrai dire, je commence à reprendre mon rythme de « super marcheuse » (mdr) et mes douleurs aux pieds, je ne les sens presque plus à vrai dire.
Au cours du chemin, nous avons croisé une personne que nous avions rencontrée la veille et nous discutons. Vu que nous sommes arrivés tôt, nous  partons nous promener et nous constatons qu’il y a une salle de cinéma. Nous en profitons pour regarder les films  à voir et l’heure de la séance. Il y a un film « La momie », un film avec Tom Cruise en 3D. Il a l’air génial, donc nous repassons plus tard vers 17h pour la séance.Une fois 17h, nous allons voir ce film et cela m’a beaucoup plu, film d’action. Je ne dis rien sur le film, mais il est à voir…

Lundi 26 juin : Hauteville : Coudeville plage (14 km)

Nous partons aux environs de 10h. En chemin, le soleil réapparait de nouveau et cela fait du bien. Vers 11h30, nous faisons une pause et à 10m de moi, j’entends un cri de bête. Je vais voir et je vois une chèvre accrochée à une chaine derrière moi dans un petit pré. Elle appartenait à un restaurant de 5*.
Je viens vers elle et dans ma main droite, j’avais mon ananas pour reprendre des forces. Je constate qu’elle a faim et qu’elle s’approche de l’ananas pour manger.  Etant donné que moi aussi, je suis épuisée et faim en même temps, je n’hésite pas à lui donner la part d’ananas qui me reste. Je lui ai fait part de ma générosité à cette pauvre chèvre qui m’a fait de la peine… pauvre bichette.
Nous reprenons le chemin et nous sommes proches de l’arrivée.
En arrivant, nous avons mangé au restaurant et à partir d’aujourd’hui, j’ai pris une décision et je me suis donné un défi avec l’éducateur, de manger que des fruits et légumes par jour sans grignoter jusqu’à la fin de la marche. Au restaurant, je décide donc de prendre une salade.
En début d’après-midi, le soleil commence à taper, donc nous décidons d’aller à la plage. J’en profite pour bronzer.
Le soir, vers 21h30, nous allons à la plage pour assister au coucher de soleil. A vrai dire, cela est merveilleux, trop beau. J’en ai profité pour méditer, pour réfléchir sur moi, mon passé, qu’est-ce que je veux vraiment pour plus tard et quel est l’élément déclencheur qui m’a fait entre parenthèse amener dans un sale pétrin. J’ai pris le temps de réfléchir et je me dis qu’il faut aller de l’avant pour prendre des choses meilleures.
Malgré les erreurs que j’ai commises, je décide de tourner la page, d’oublier le passé et de construire un bel avenir, car parce que j’ai grandi dans ma tête mentalement et en maturité, que je veux vraiment profiter de l’instant présent.
Je pars me coucher car je suis fatiguée. Je dors donc à la belle étoile.

Mardi 27 juin : Granville (10km)

Nous partons ce matin avec un temps pluvieux, cela nous a rafraichi, nous prenons les dunes pour rejoindre Granville.
En chemin, nous apercevons d’autres randonneurs qui, eux aussi, passent par le Mont Saint Michel. Plus nous marchons et plus nous nous rapprochons de la ville. Je suis assez contente, car ces derniers temps, nous sommes passés par des petits bleds. Une fois arrivés à l’hôtel, au passage très bel hôtel, j’ai une grande chambre avec un grand lit, limite un lit pour 3-4 places, grande télé, écran plasma sur le mur, espace lumineux, déco fantaisie, salle de bains, parfait. Cela fait du bien de retrouver du monde et la ville. 
L’éducateur m’annonce que j’ai droit à mes quartiers libres, c’est à dire de me promener seule pendant 45 mn. J’en profite alors d’aller me promener au centre-ville et de faire du shopping, m’acheter du maquillage, souvenir etc…
Je profite avec passion de ce temps libre, c’est agréable d’avoir la liberté…
Après ces 45 mn, j’ai rejoint l’éducateur comme prévu et nous partons voir une kinésithérapeute femme pour me faire masser.
A vrai dire, j’ai passé une excellente journée, s’il le faut, à refaire.
Nous repartons à l’hôtel pour manger et nous reposer, car demain, nous repartons, peut-être sur 20-25km, nous reprenons les grosses étapes après une semaine de douleurs aux pieds…
S

27 juin  : Coudeville-sur-Plage : Granville

Je me suis levée tard environ 9h. Nous sommes partis vers 10h pour le peu de kilomètres à faire. Le temps est nuageux, mais agréable, car ces derniers temps avec la canicule, il faisait chaud.
Nous arrivons à Granville, il pleut, mais ça m’est égal car je me dis, enfin arrivée dans une grande ville. Nous allons à l’hôtel, hôtel fabuleux.
Je vais voir Frédéric pour le prévenir que je sors, car j’ai droit à mon premier quartier libre. J’en profite pour me promener et m’acheter du maquillage. 45mn se sont écoulées, je pars rejoindre Frédéric et nous allons voir la kinésithérapeute, suite à ma tendinite. Elle me met du produit sur les pieds et une machine qui me les masse, mais chatouilleuse comme je suis, je bougeais de partout (mdr).
Nous repartons acheter de quoi manger pour le soir et nous rentrons à l’hôtel, chacun dans sa chambre pour dormir.
Frédéric en profite pour manger au bord de la plage.

Jeudi 28 juin : Saint Jean le Thomas (21km)

Levés à 7h30 et nous partons à 8h30. Nous prenons la départementale pour rejoindre le GR. Marche agréable, je ne ressens plus mes douleurs. Nous arrivons à Saint Jean le Thomas vers 10h. Tout est fermé. Il faut attendre 16h pour aller à l’épicerie. J’en profite alors pour aller me reposer. L’épicerie ouvre et je pars m’acheter quelque chose à manger et me poser dans un coin. Vers 19h30 avec Frédéric nous partons nous étirer sur la plage et nous voyons au loin le Mont-Saint-Michel. Nous constatons qu’il est tout proche en traversant la baie, mais avec la marée qui ne va pas tarder à monter, ce serait dangereux. Pendant que nous nous étirons, une petite fillette de 3 ans nous regarde et elle voit que je fais des pirouettes et la roue. Elle essaye de faire comme moi en disant à sa mère « maman, regarde-moi aussi » (mdr)

Vendredi 29 juin : Avranches (23km)

Levés à 8h, nous partons à 9h. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Nous marchons et à 12h, nous faisons une pause pour manger. Nous reprenons la route et la chaleur est apparue pendant 2h. Je transpirais. J’avais mal de partout, au bout d’un moment, je ne vois plus Frédéric au loin. Je continue tout de même à marcher. Je ne le trouve toujours pas, moi qui croyais l’avoir perdu, je ne panique pas, je pars tout de même prendre la route, car je me suis dit, je vais le rejoindre à Avranches. 10mn plus tard, j’entends une personne siffler, je me retourne et je vois Frédéric m’appeler. Nous reprenons le GR et il commence à pleuvoir. Nous sommes arrivés vers 17h à Avranches.
L’hôtel n’était pas encore ouvert, donc nous partons nous réfugier à l’abri. Frédéric est parti fumer sa cigarette. Quand tout à coup, je vois trois gars venir ver moi. Je ne comprenais pas ce qu’ils voulaient et ils viennent me parler. Ils ne parlent pas français. Ce sont des turcs qui parlent anglais. Nous échangeons un peu et ils me disent qu’ils sont venus s’installer à Avranches il y a six mois. Ils me proposent d’aller boire un verre avec eux. J’ai remarqué, la plupart des gens avec qui j’ai fait connaissance me parlent chaleureusement, ce sont des étrangers.
Le soir, vu que j’étais fatiguée, je suis partie dans ma chambre et Fred s’est chargé de s’occuper d’aller chercher la nourriture et nous avons mangé chacun dans notre chambre.
Sur le chemin, je recroise notre ami l’anglais qui me voit fatiguée et qui me demande si ça va. Je réponds que oui et me souhaite « bonne soirée ».

Samedi 30 juin : Mont-Saint-Michel (25 km)

Aujourd’hui, la pluie est de retour. Sur le chemin, nous rencontrons peu de personnes, et voyons que des paysages et des moutons. Nous marchons horriblement dans la boue, ça glisse. C’est horrible.
Nous nous arrêtons pour faire une pause, allons dans un bar pour reprendre de l’énergie. Nous reprenons la route qui est interminable. Il y a de la boue de partout, de la m… de moutons… horrible..
La tempête est là. Il pleut. Il y a énormément de vent. Nous nous réfugions dans une cabane le temps que cela se calme et décidons de reprendre la route et non pas le GR, car il y a de la boue partout et ça glisse.
Nous prenons un hôtel vers le Mont Saint Michel, la Caserne. Je me repose 1h. Il est 16h. Je pars frapper à la chambre de Frédéric pour aller me promener, je toque plusieurs fois. Il ne répond pas. Il dort. Je laisse un mot, le glisse sous sa porte en lui disant que je pars me promener. 
Il est presque 21h30 à mon retour de promenade, je constate que Frédéric s’est réveillé et qu’il s’est rendu compte qu’il est tard et qu’il s’est endormi. Nous prenons la navette pour aller au Mont Saint Michel mais tout est fermé. Frédéric s’excuse parce qu’il ne s’est pas réveillé et que tout est fermé et que nous ne pouvons plus manger. Je lui dis que ce n’est pas grave. Nous visitons un peu le Mont Saint Michel. Nous continuerons la suite demain. Je pars me coucher car je suis fatiguée.

Dimanche 1er juillet : Pontorson (8km)

Nous partons le matin pour visiter le Mont Saint Michel. Nous reprenons la navette, et allons tout en haut du Mont pour visiter l’abbaye, l’église et j’en profite pour prendre des photos. C’était top, sympa.
Nous reprenons la route, pas beaucoup de kilomètres à faire. Avant de partir, j’appelle mes parents pour prendre de leurs nouvelles.
Arrivés au camping de Pontorson, nous nous reposons et nous partons faire les courses pour le soir.

Lundi 2 juillet : Vieux-Viel (14 km)

Nous partons du camping à 10h30. Nous passons devant des champs agricoles et des chevaux. Le temps est gris, nous avons quitté la Normandie et nous sommes en Bretagne, en Ille et Vilaine. Nous faisons une pause à Pleine-Fougères, un curé nous explique le chemin qu’il faut prendre pour aller à Vieux-Veil. Le chemin est beaucoup plus différent qu’en Cotentin. Il est plus plat. Nous arrivons dans le gîte.
Nous sommes accueillis par une grand-mère religieuse, Madeleine, une grand-mère cultivée, souriante, accueillante, une grand-mère ouverte d’esprit. Vous savez le genre de grand-mère qui prépare des plats, qui s’occupe des clients comme s’ils s’agissaient de ses petits-enfants et qui raconte des histoires. Très sympa.

Mardi 3 juillet : Antrain (18km)

Nous partons vers 9h. Le temps est toujours nuageux. Nous prenons un chemin et nous voyons que nous nous sommes trompés de chemin et nous faisons demi-tour. Nous traversons la forêt de Villecartier. Nous faisons une pause pour manger. Arrivés à Antrain, nous trouvons un super hôtel, piscine, jacuzzi, super jardin avec des géraniums, grand salon. On dirait un château, c’est hyper beau. J’ai eu le droit à une grande chambre. Nous avons discuté avec deux personnes, super. Nous avons bien échangé, rigolé. Ils avaient aussi un chien et un chat. J’en ai profité pour bronzer. Ils nous confient leur maison car ils partaient manger dehors. Je suis allée dans la salle de bain, superbe, pour faire mon brushing (mdr).

Mercredi 4 juillet : Rimou (8km)

Aujourd’hui, nous n’avons que 8km, donc nous nous sommes levés à 10h. Je prends mon petit déjeuner qui était compris dans le tarif. Un super déjeuner autour d’une grande table. Parfait (mdr).
Nous marchons sous le soleil, c’est agréable. Nous suivons la rivière. Une fois arrivés au gite, nous nous installons. Guy, le responsable du gite était très sympa et nous à même préparé un beau repas avec une glace fraiche en dessert. Il nous a expliqué qu’il louait son gite d’avril à septembre ou novembre pour compléter sa retraite et qu’il partait voyager en bateau pour pécher. Il va en Guadeloupe, Cuba, un peu partout. C’est un skipper. 
Après le repas, je pars me promener aux alentours comme chaque jour avec mes quartiers libres. Le soir même, je n’arrivais pas à dormir avec la pleine lune.

Jeudi 5 Juillet : Montreuil-sur-Ile (24km)

Nous nous levons pour prendre le petit déjeuner et nous partons pour Montreuil. Nous traversons des champs de blé sous la chaleur et nous suivons également le chemin de Saint Jacques de Compostelle, même si l’on ne part pas là-bas, mais le GR y passe.
Aujourd’hui, il fait 32°. Malgré la chaleur, nous continuons sans faire de chichi. Nous faisons une pause et nous nous posons sur les marches de l’église pour manger. Une fois terminé, Frédéric me propose deux solutions, soit nous passons par la route et nous sommes arrivés dans 8km, soit nous prenons le GR et nous arrivons dans 11km. Malgré la chaleur, je décide de prendre la route, même si nous marchons sur du goudron et que ça chauffe les pieds, mais nous serons plus vite arrivés, car le GR faisait un grand détour, et même si par le GR était plus calme. Nous arrivons au gite. Le responsable nous accueille et nous prévient que nous ne serons pas seuls, qu’il y aura des jeunes de mon âge. J’étais contente (mdr). Avec Frédéric, nous préparons le repas et nous mangeons tous ensemble avec les jeunes et leur papy. Chacun notre tour, nous parlons. Les jeunes sont venus avec leur papy. Ils faisaient le tour de Saint-Malo, Dinard, Dinan, en vélo. Ambiance sympa.
Le soir, vers 21h, Anthony décide de nous rejoindre pour nous faire un petit « coucou ». Nous avons également fait des exercices, du gainage pour travailler le corps. Après cela, nous avons rencontré des portugais qui parlent français. Ils nous ont expliqué qu’ils louaient le gite 4 fois dans la semaine, car ils habitent le Mans, mais travaillent sur Rennes, donc ils sont obligés de loger ici.
Avec Frédéric et Anthony, nous terminons la soirée en jouant au jeu de « ni oui ni non » dans une belle ambiance. Il est 23h, nous partons nous coucher.

Jeudi 6 juillet : Hedé (10 km)

Nous nous réveillons à 9h car aujourd’hui nous avons une petite étape. Les jeunes et leur grand-père se préparent et mangent. En partant, un de leur fils me dit « au revoir », me souhaite bonne chance, me serre la main et part. Nous nous préparons à notre tour. Mon sac est prêt, celui de Frédéric aussi.
Avant de partir, je pars bronzer au bord de la terrasse. Il est 11h, nous partons. Nous traversons le canal, c’est toujours tout droit. 30 mn plus tard, j’aperçois au loin une voiture bleue, le même que celle du frère de Frédéric. Je m’arrête et je dis à Frédéric : « Fred, ce n’est pas Anthony là-bas ? » et c’est bien lui, car il a klaxonné et nous a rejoints.
Il est 12h30, nous faisons une pause pour manger. Il nous reste 4km. Nous en profitons pour nous détendre, car nous ne sommes pas loin de l’arrivée. 
Nous repartons et nous continuons à suivre le canal. 30 mn plus tard, nous sommes arrivés.
Je suis partie me reposer de 14h à 17h30, tandis que Frédéric est parti se promener au centre-ville et pour faire les courses. Nous préparons le repas et nous mangeons. Plus tard, dans la soirée, vers 22h, Anthony est venu nous rendre visite. Il est 23h. Nous partons nous coucher, car demain il faut partir tôt et avec la chaleur, ça va taper, nous avons 27 km à parcourir.
Dimanche, nous arriverons enfin dans une grande ville et nous récupèrerons la côte et au revoir la côte. A partir de lundi, nous allons traverser que des grandes villes. Je suis contente. Nous allons pouvoir voir du monde, profiter du centre-ville. A vrai dire, il ne me reste que 40 jours de marche. Je vais profiter de ce que je peux pour le peu qu’il me reste, car la fin approche et le temps passe vite. Cela fait déjà un mois que je suis partie. A suivre.
S