Seuil

Marche de Hugxxx accompagné par Emeline

 

Du 5 au 8 juillet 2020 de Evran à Dinard

 

Présentation :
Étant connu des Services de Police et peut-être un peu dépressif sur les bords, on m’a donné le choix de partir en séjour de rupture. Je n’étais pas hyper convaincu à l’idée de marcher trois mois, mais on a su trouver les mots pour au final me faire partir, surtout que cela a été écourté à 1 mois et demi.

 

Dimanche 5 juillet : Evran

 

Ayant eu du mal à dormir la veille, j’ai dû puiser toute mon énergie, afin de marcher les 20 km, cela ne m’a pas empêché d’aller plutôt vite et d’arriver beaucoup plus tôt que prévu.
Avec Emeline, nous avons pris l’habitude de marcher chacun de notre côté, je préfère être dans ma bulle et penser à mon retour sur Toulouse.

 

Lundi 6 juillet: Dinan

 

J’ai énormément de mal à dormir dans le bateau, paralysie du sommeil et tout ce qui s’ensuit, mais heureusement le café fut mon meilleur ami, la tête un peu dans les nuages.
Avant de partir, j’ai bien évidemment oublié le carnet avec lequel j’écris ce blog, ce qui nous valut 1 heure de marche en plus. Une fois parti, je me suis senti beaucoup mieux, car il faisait beau. Ce qui a tendance à me rendre joyeux, et m’aide à penser à des choses plus positives. Nous sommes arrivés plutôt vite au camping et vu le nombre de choses qu’on avait à faire, je pense qu’on a plus marché dans la ville que sur le trajet. Rien de passionnant, juste quelques courses à faire.
En fin de journée, on “s’est mangé” un grec (kebab), petit retour aux sources, et dans la ville, nous avons aperçu un groupe de jeunes assis sur un banc qui ne faisaient pas grand-chose à part fumer du shit. Cela me rappelait moi et mon groupe d’amis, j’avais quand même envie de leur mettre des claques et de leur dire de se bouger le cul, oui, je prends vite la grosse tête.

 

Mardi 7 juillet : Minihic sur Rance

 

Réveil en douceur dans les tentes, à peine eu le temps de boire 2 cafés et de ranger le matériel, que nous voilà déjà partis pour Minihic sur Rance. Cette journée était plus dure que les autres car nous faisions que marcher et descendre dans un petit chemin de forêt. Mais une fois arrivé sur du plat, je me suis mis soudainement à m’ennuyer. A croire que j’aime la douleur. Nous avons rencontré pas mal de monde, dont un paysan, qui s’était fait jeter sa botte de foin dans l’eau par des petits cons. Comme quoi, même dans le fin fond de la Bretagne, en pleine campagne, on est est jamais plus sûr de rien. 23 km plus tard, nous voilà arrivés au camping. Ambiance plutôt tranquille et rebelote pour une nuit en tente.

 

Mercredi 8 juillet Dinard

 

Journée plutôt rude, l’impression qu’elle ne se terminerait jamais. Une fois arrivé sur Dinard, je me suis senti pour la 1ère fois de ce séjour en vacances, la plage, le soleil et les familles, on “n’avait pas l’air con” avec nos sacs de randonneurs. J’y serai bien resté 3-4 jours de plus. La plage est collée, il y a des jeunes, des belles femmes, le restaurant était bon, accompagné d’un théâtre que j’ai adoré. Histoire banale d’une famille recomposée assez drôle. J’ai d’ailleurs rencontré un des comédiens par hasard, mais nous n’avons pas plus parlé que ça. Il devait aller aux toilettes, et oui, les comédiens sont comme nous.

 

du 17 au 19 juillet 2020 de Les Rosaires à Bréhec

 

Vendredi 17 juillet : Les Rosaires

 

Ce matin, nous avons eu une réunion téléphonique avec Paul, accompagné de Clémence de l’équipe Seuil.
Cette réunion m’a permis de comprendre que ce voyage n’était pas seulement de marcher d’un point A à un point B, mais bien plus que ça, c’est un investissement étalé sur plusieurs semaines qui consiste à changer nos habitudes et à se stimuler autrement que par la “fumette” ou l’alcool, par exemple. Et pour ça, Seuil prépare plein de solutions comme, par exemples, tenir un blog, lire des livres ou bien prendre des photos. Je ferais, dès à présent, de mon mieux pour m’épanouir et rendre ce voyage meilleur pour moi, comme pour vous, chers lecteurs.

 

Samedi 18 juillet : Saint-Quay-Portrieux

 

Beaucoup d’inspirations pour mes textes personnels, alors obligé de s’arrêter pour prendre des notes ou bien de tout retenir dans ma tête pour écrire le soir.
Heureusement pour ça, j’ai une plutôt bonne mémoire.
Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant vers 12h. Ce sera seulement le 4ème en deux jours, mais nous avons l’excuse de quasiment toujours dormir en tente, ce qui régule notre compte en banque. D’ailleurs, nous sommes toujours ainsi “large” au niveau des sous. Faut dire que 80 € par jour, c’est du “grand luxe”. J’ai même trouvé 5 € tout à l’heure sur un emplacement, ce qui me permettra de rembourser à moitié les avances qu’on m’a faites, car, oui, l’autre jour j’ai eu “l’intelligence” de mettre un paquet de “blondes” complètement plein dans la machine à laver, mais heureusement Seuil ne laisse pas les jeunes en galère et ils m’ont avancé un paquet de tabac à rouler et oui à Seuil on doit s’adapter.

 

Dimanche 19 juillet : Bréhec

 

Petite journée au niveau des kilomètres à marcher, mais j’appréhende demain.
Première journée à plus de 30 km. Nous quitterons le bord de mer pour rentrer dans les terres, en espérant que les chemins soient plus plats, car les côtes qui montent et qui descendent en plein soleil, c’est bien, mais pas plus de 30 secondes. En espérant ainsi que les paysages me donnent plus d’inspiration niveau photos, car là j’avoue que pour l’instant, l’album photos s’annonce plutôt pauvre.
Le vent de la mer va me manquer, mais j’espère ne pas passer que par des champs ou des “coins morts”, cela a tendance à me déprimer. Bref, on verra bien.
Pour l’instant, je vais dormir et profiter de mon lit deux places, Merci Emeline de dormir par terre.

 

du 20 au 28 juillet 2020 de Pontrieux à Diben

 

Lundi 20 juillet : Pontrieux

 

Comme je m’y attendais, nous avons passé la journée dans les champs, en alternant entre l’odeur de merde de cheval et celle des vaches. La bonne campagne bretonne, c’est tout de suite moins attirant que les côtes en bord de mer. Mais, au moins le sentier est plat. Les indications étaient très mal faites, alors nous nous sommes perdus au moins 5 fois en début de journée, ce qui nous a fait perdre une bonne heure, et c’est pas comme si nous avions 33 km à faire de base ! Nous sommes arrivés au camping pile à l’heure de fermeture, ce qui n’était pas prévu.
Nous pensions bivouaquer mais avec Emeline nous avons tendance à agir de manière efficace, alors nous avons pu profiter de la douche pour changer. Nous sommes allés au restaurant, me voilà le ventre plein de gras, je vais dès à présent reprendre ma lecture du livre “1984” écrit par George Orwell. Je remercie d’ailleurs mon frère Kayser de m’en avoir parlé, un vrai régal même si j’en suis qu’au début.

 

Mardi 21 juillet : Guingamp

 

Réveil plutôt difficile, énormément de mal à m’endormir la veille, mais heureusement, Emeline était du même avis que moi pour ce qui est de squatter en terrasse avec un café et quelques viennoiseries. Une fois partis, comme à notre habitude, le silence s’installe. Toujours autant de villages perdus entre les forêts et de tracteurs sur la route. Emeline dit que ça a du charme, pourquoi pas ! Arrivés à Guingamp, nous avions prévu de faire un tour à la médiathèque, pour que je puisse me connecter et parler à des potes. Mais celle-ci était fermée, alors pour calmer ma frustration, Emeline a proposé d’aller boire un verre accompagné d’un mille feuilles et vu que je ne suis pas difficile, j’ai accepté.

 

Mercredi 22 juillet : Guingamp

 

Mal de tête, sueur froide et courbatures. Impossible pour moi d’aller marcher, alors nous avons pris une nuit en plus à Guingamp pour faire une journée de repos. J’ai pu me consacrer à ma lecture et je n’ai pas vu le temps passer, car j’ai tendance à m’ennuyer quand je ne marche pas. Pizza le soir et au dodo. Rien à ajouter, les journées de repos sont souvent plates.

 

Jeudi 23 juillet : Tréglamus

 

Reprise de la marche plutôt dure, manque de motivation. Je serais bien resté une nuit de plus à l’hôtel mais j’aurais très certainement fini mon livre et je n’aurais plus de quoi lire. La pluie nous a accompagnés une bonne partie de la journée, ce qui a dû jouer sur mon manque de motivation, car entre la campagne et les nuages gris, nous avons là un mélange parfait pour déprimer. Arrivés à Tréglamus, nous nous sommes arrêtés dans une sorte de bar qui fait aussi office d’épicerie et tabac, parfait pour s’approvisionner et ne pas manger que de la semoule avec du sel. Nous avons bu un verre et avons discuté avec la patronne du bar, faut dire qu’avec nos gros sacs, les gens sont curieux. Nous lui avons parlé de la marche et lui avons avoué que nous n’avions pas de quoi dormir, que nous pensions poser les tentes hors de la “ville” dans un champ. Mais, elle a eu l’amabilité de nous proposer de nous mettre dans un coin dans l’herbe plate et tondue situé entre son bar et des toilettes, du grand luxe ! Elle nous proposa ensuite de prendre une douche dans sa demeure qui se trouve juste à côté du bar. Nous avons accepté dans le plus grand des calmes, mais au fond de nous, nous étions les plus heureux du monde. Comme quoi, les plus riches se prennent la tête, alors que certaines choses simples peuvent procurer un bonheur si intense.

 

Vendredi 24 juillet : Belle Isle en Terre

 

Levé plus tôt que prévu car une grande journée nous attendait, mais étonnement en pleine forme dès le réveil. Nous avons bu le café avec la patronne du bar et un vieux monsieur qui nous parlait de tout et de rien, mais surtout de son fils qui arrêtait de fumer et qui vomissait tous les matins par manque. Entre ça et la patronne du bar qui nous parle sans cesse des gens qu’elle voit couler dans l’alcool, je me dis que la vie en campagne n’est pas si calme finalement mis à part les vieux qui vivent en paix même s’ils doivent bien “se faire chier” quand même. Tout ça pour dire que les villages perdus, je ne m’y fais toujours pas et j’ai hâte de retrouver mon bord de mer.
En fin de journée, nous avons débarqué à Belle Isle en Terre (où nous passerons la nuit) qui a été élu l’un des plus beaux villages de France. Mais, à part une poste et 2 ou 3 crêperies, je n’ai rien vu de spécial, peut-être une église, mais qui n’a rien de plus que l’église Saint-Sernin (une église de Toulouse).

 

Samedi 25 juillet : Plouaret

 

Ca y est ! On y est presque, demain c’est notre dernière journée dans les terres et nous rejoindrons le bord de mer, en espérant que le soleil ne se cache pas comme aujourd’hui, car toute la journée il a plu des cordes. Pas évident quand on marche dans un sentier en pleine forêt, surtout que nous avions 18 km à faire de base et nous les avons faits en 7h de marche, ce qui est énorme et sans pour autant s’être trompé dans le parcours. Nous pensons que notre petit livret a fait une erreur au niveau du kilométrage, du moins nous espérons, car cela voudrait dire que nous sommes devenus “des fatigués”.

 

Dimanche 26 juillet : Saint Efflam

 

Pas de cigarette aujourd’hui, la journée s’annonce compliquée, mais je suis bien obligé d’y faire face. Plusieurs solutions s’offrent à moi, canalisation de mon énergie en la mettant dans tout et n’importe quoi, même un simple “bonjour” peut devenir un cri de guerre. Mâchage de chewing-gum en continue, ne pas penser à des choses qui auront tendance à me stresser et bien évidemment manger des choses sucrées pour combler un manque affectif. Basique chez le fumeur qui n’a pas sa dose. Tout se passait à peu près bien jusqu’à ce que nous passions devant un tabac qui sur le coup me fit transpirer et me mettre de mauvaise humeur. Pas la peine de préciser que je ne suis pas fier d’en arriver à de telle extrémité, mais c’est plus fort que moi.
Ouf de soulagement, Emeline finira par accepter de m’en prêter une en fin de journée que je lui rendrais dès demain.

 

Lundi 27 juillet : Locquirec

 

Journée à seulement 11 kms, ce qui nous laissera le temps de boire un café en terrasse pendant une bonne demi-heure et de manger dans un bar à tapas. D’autant plus que la marche passe beaucoup plus vite en bord de mer je trouve.
Arrivés à destination vers 14h, nous avions 2h devant nous avant de pouvoir accéder au AirBnB. Alors nous nous sommes posés dans un café et j’ai pu finir mon livre, ce qui n’est pas hyper réjouissant car je n’ai plus rien à lire pour les prochains jours. Pour le repas du soir, nous sommes allés au restaurant et cette nuit nous pouvons dormir sur de vrais lits. Alors je vous laisse et je vais en profiter.

 

Mardi 28 juillet : Diben

 

Je commence vraiment à prendre goût à cette marche et à lui trouver un sens. Faut dire que le temps et la vue jouent beaucoup, mais je commence à moins compter les jours même si je rêve et pense sans arrêt à mes fréros sur Toulouse et attends mon retour avec impatience. J’espère qu’ils font de même et je sais pertinemment à qui je manque et à l’inverse qui n’en a rien à foutre, ce qui différencie mes potes de mes fréros, ma deuxième famille si je ne m’abuse, la chair de ma chair, non là j’abuse, nous ne partageons pas le même sang, voyons, quoique…
PS : Merci à ma mère ou à mon père de prévenir tous les amis que je tiens un blog en envoyant le lien du site, si possible bien sûr.

 

du 29 juillet au 2 août 2020 de Morlaix à Saint Thégonnec

 

Mercredi 29 juillet : Morlaix

 

Aujourd’hui nous avons pris notre temps malgré les 27 kms prévus. Petite galette à 12h avec vue sur la plage, c’est loin d’être la meilleure que j’ai mangé, mais quand on marche ça fais toujours plaisir, d’autant plus qu’on pourrait avaler n’importe quoi, “même un rat crevé” en bord de route peut se trouver appétissant avec un peu d’épices bien sûr. En parlant d’épices, pour le repas du soir, nous avons trouvé un super chinois qui cuisine extrêmement bien, avec une belle citation dans la carte :
“Bien manger peut vous faire atteindre le ciel”. Ah ces chinois, toujours dans l’excès.
Puis ça fait un peu phrase de “dalleux”, mais j’ai tout de même bien aimé.
Décidément c’est la période des citations entre “vous êtes ce que vous mangez”, avec une bonne glace industrielle en mains (oui toujours sur la bouffe) et aussi “un homme pressé est déjà un homme mort”, moi qui ai tendance à tracer et à vouloir arriver peut être que je devrais me remettre en question sur certains points.

 

Jeudi 30 juillet : Morlaix

 

Journée de repos aujourd’hui, pas grand-chose à faire. Alors j’ai fini un livre entier qu’on avait acheté la veille “La steppe rouge” écrit par Joseph Kessel. Livre assez dur sur la guerre civile en Russie, c’est plusieurs fictions (7 au total) tiré de faits réels que Kessel a vu de ses propres yeux en voyageant. Ce n’était pas hyper gaie mais cela fait prendre du recul sur la vie quand même et mes petits problèmes sont beaucoup moins importants que les leurs, tout comme le livre 1984. Petite séance cinéma d’un film qui s’appelle “Le secret de la jungle” ou quelque chose du genre, je n’ai pas une très bonne mémoire pour les noms des films qui ne m’ont pas plu.
Celui-là était ennuyeux à mourir, histoire basique et humour simple (pas si drôle que ça), mauvais acteurs, bref… la totale ! Mais comme j’aime bien relever aussi les côtés positifs, je dirais qu’il y avait un beau cadrage (merci le cameraman).

 

Vendredi 31 juillet : Cloître Saint Thégonnec

 

Allez, c’est reparti pour la campagne mais je ne m’inquiète pas, bientôt la presqu’île de Crozon sera sous mes pieds. J’en ai entendu le plus grand bien, un peu trop d’ailleurs, je me demande ce qu’il y a de si magnifique et j’ai hâte de voir ça. Pour l’instant nous sommes dans un petit camping tenu par une anglaise adorable qui nous a proposé de faire un feu devant nos tentes. C’est une 1ère pour moi et ce n’est pas désagréable, dommage qu’il ait plu. La journée s’achèvera ainsi sous les gouttes d’eau et les nuages de la Bretagne. Mais ce n’est pas plus mal, je me dis qu’à
Toulouse il doit faire 40 degrés, tenez bon et gardez la pêche.

 

Samedi 1er août : Plounéour Ménez

 

Rien de particulier en cette journée peu ensoleillé, la marche s’est fini assez rapidement, ce soir nous dormons dans un hôtel et je compte bien en profiter car cela sera de moins en moins possible en raison de notre budget qui a été réduit pour je ne sais quelle raisons. J’ai pu appeler ma mère ce qui me donne de la force, je pense à elle et à vous autres. Je vous aime fort bordel.

 

Dimanche 2 août : Saint Thégonnec

 

Les jours se ressemblent, sans vous mentir, j’attends avec impatience la fin de la marche. Mais je ne compte pas arrêter pour si peu, je suppose que ça fait partie du jeu les coups de mou, même s’ils paraissent incessants, quand est ce que je vais arrêter de compter les jours, de penser uniquement à ma vie sur Toulouse. Je ne sais pas, je l’espère bientôt, (je vous avais dit que la campagne me déprime).

 

du 3 au 9 août 2020 de Sizun à Morgat

 

Lundi 3 août : Sizun

 

Réveil plus tôt que d’habitude, alors pour ma part je suis parti un peu la tête dans le cul. Malgré les deux cafés au petit déjeuner plus un 3ème sur la route. Mais, heureusement le fait de marché réveil un peu l’esprit, rien de particulier en cette journée car je dirais qu’elle se résume simplement à avancer un pas après l’autre.
Une fois arrivés, le camping avait l’air fermé, mais nous avons quand même pu y poser les tentes ce qui fera du bien à nôtre budget. Mais pas à notre dos plein de sueur qui se contentera d’être lavé à la lingette.

 

Mardi 4 août : Le Faou

 

Grosse journée qui nous attend, cela ne nous a pas empêché de prendre notre temps au réveil et de nous perdre. Ce qui nous fera arriver assez tard. Camping sans accueil, réservé au camping, car avec des sanitaires ouverts. Juste parfait. Rien à payer. Après une bonne douche et une bonne plâtré de riz, il était temps que je me repose pour la journée de demain. Les dénivelés de la presqu’île de Crozon nous attendent. Même s’il y a seulement 20 kms à parcourir, j’en ai marre d’avoir la tête dans le cul en espérant que je ne m’endorme pas trop tard.

 

Mercredi 5 août : Landévennec

 

Ce matin au café, nous avons rencontré un couple ayant la cinquantaine, dû à leur curiosité sur nos gros sacs. Très belle rencontre d’ailleurs, beaucoup de bons conseils pour la suite, l’homme m’a donné 5 cigarettes et nous a proposé de nous héberger quand on passera sur Crozon, il vit là-bas avec sa femme et voudrait même qu’on fasse un barbecue, ce qui n’est pas de refus. Il nous a proposé aussi de nous ramener à Concarneau en voiture, mais vaillant comme on est, nous avons refusé avec conviction et certitude, car dans la vie, il y a les hommes et les omelettes, exemple parfait pour se différencier les uns des autres.

 

Jeudi 6 août : Lanvéoc

 

Grosse insomnie cette nuit, la journée s’annoncera rude dès le départ.
Heureusement que 20 kms à faire et puis nous avons attaqué la presqu’île de Crozon et même si ce n’est pas la meilleure partie, c’est vrai que tout me semble paradisiaque. Il y a beaucoup plus de randonneurs et ça ne m’étonne pas ce qui risque de compliquer les choses au niveau des hébergements. Rien que cette nuit nous serons entassé dans un petit périmètre réservé aux randonneurs dans un camping et j’en ai vu certains se faire recaler. Vous auriez vu leurs têtes se décomposer, vous auriez ri mais personnellement j’ai eu pitié car j’imagine très bien leurs ressentis et je sais de quoi je parle, faut préciser qu’on n’a pas qu’une bouteille d’eau sur le dos mais pour notre part nous avons été chanceux. (Mise à part le restaurant complet qu’on s’était prévu, mais bon le riz c’est très bon aussi).

 

Vendredi 7 août : Roscanvel

 

Le petit couple rencontré au café a tenu sa promesse et nous héberge ce soir, ce qui donne une certaine motivation pour marcher, d’autant plus que la vue est magnifique.
Seulement, nous ne saurons pas s’ils seront là pour nous accueillir ce qui fera toute la différence car s’ils ne sont pas là, nous devront poser les tentes dans leur jardin mais heureusement Emmeline m’a annoncé la bonne nouvelle, ils sont sur la route !
Nous mangerons un barbecue et étant à la diète depuis 2 semaines à me nourrir de taboulé et de pommes je décide de me lâcher… ai-je fait le bon choix ? Mon foie me donnera la réponse en décidant de me faire vomir tout ce que j’ai pu manger. Il était temps que je me vide, car j’avoue ne pas avoir été très bien après le repas (voire pas du tout).

 

Samedi 8 août : Kernaveno

 

Pas très envie de repartir marcher, la reprise a été un petit peu dure mais ce qui me motive, c’est que le couple qui nous a hébergé, nous a proposé de venir nous chercher pour re-passer une nuit chez eux, mais seulement si les campings étaient complets à notre arrivé. Bien Sûr à notre arrivée le camping fut carrément vide, c’est reparti pour une nuit en tente. Nous discuterons avec quelques randonneurs avant d’aller se coucher.

 

Dimanche 9 août : Morgat

 

Plus que 9 jours de marche ! Je commence à m’impatienter tout en vivant au jour le jour bien sûr. Cette journée était pleine de dénivelé, heureusement, accompagnée d’une magnifique vue avec un soleil bien présent peut-être même trop.
La marche s’est terminée plus vite que je ne pensais, les kilomètres s’écoulent tout seuls, à croire que nous sommes devenus des monstres, remarque, 1 mois de marche ce n’est pas rien. Nous sommes prêts pour la journée à 50 kilomètres, enfin je crois !

 

du 10 au 17 août 2020 de Pentrez à Guilvinec

 

Lundi 10 août :Pentrez

 

Journée en pleine chaleur avec une forte impression de ne pas avancer, cette sensation que la marche ne se terminerait jamais. Un randonneur n’aimant apparemment pas marcher seul nous tiendra compagnie pendant un certain temps, rencontre un peu spéciale, même si celui-ci est très cultivé. Contre toute attente, la marche se terminera plus tôt que prévu dans un gros camping de vacance, nous craquerons pour une pizza et pour ma part, entamera ma troisième glace. Je sais me restreindre mais quand je décide de me comporter tel un porc, je n’y vais pas à moitié.

 

Mardi 11 août : Douarnenez

 

Une journée tranquille nous attends, ce qui remonte le moral. Pas trop de dénivelé et un petit vent frais parcourt notre torse et notre visage luisant de sueur, ce qui rends les choses beaucoup plus simples. Petit restaurant 4 étoiles sur la route où nous mangeons une omelette à 12 euros, oui 12 euros, tout ça parce que le serveur était bien habillé et plein de bonnes manières. Le ventre à moitié vide, nous  repartons sur les côtes du littoral et arrivons naturellement vite à Douarnenez, accompagnés de 2 randonneurs que nous apercevons depuis maintenant 3 jours.
Nous partagerons un emplacement et mangerons des tapas mexicaines offertes par celle-ci. Elles reprendront leur route demain mais pas pour notre part demain, c’est repos !

 

Mercredi 12 août : Douarnenez – Repos

 

Comme prévu, nous avons passé la journée au repos, ce qui ne nous fera pas de mal. Nos jambes ne seront pas contre et même si cette journée nous a paru vide, un sentiment de liberté s’est propagé tout au long de toutes ces heures sans efforts à fournir. Je suis passé chez le coiffeur car il était temps de rafraichir tout ça et pour mes proches qui veulent savoir, je suis resté fidèle à ma coupe de samouraï. Par la suite petit temps médiathèque qui se font particulièrement rare ces temps-ci pour au final apprendre que la fille que je côtoyais en avais marre de m’attendre, super nouvelles.
Nous buvons un café en attendant notre séance de cinéma, d’un film allemand en VO dont je n’ai pas le titre en tête (titre anglais d’ailleurs j’ai pas compris). Le film était vraiment intéressant mais à mon goût un peu trop de suspens pour une fin pas terrible. Nous terminerons la journée par un restaurant classique avant de rentrer sous la flotte et de dormir sous le bruit des gouttes.

 

Jeudi 13 août : Beuzec

 

Levé à 8h au lieu de 8h30 à cause de voisin de tente plutôt matinal et bruyant. Nous partirons plus tôt que prévu vers les dénivelés des côtes bretonnes ce qui nous lavera les poumons seulement 20 km à faire et en plus nous seront hébergé par une connaissance d’Emeline rencontré sur le GR34 l’année précédente. Un homme très sympa avec qui nous passerons la soirée autour d’un jeu de carte.

 

Vendredi 14 août : Baie des Trépassés

 

La nuit fut parfaite, le lit 2 places fait son effet et me mettra en forme pour toute la journée, surtout après un petit déjeuner copieux avec des oeufs et du pain grillé, tout ce qu’il me fallait était réuni pour bien marcher avec énergie. Beaucoup de dénivelé aujourd’hui, mais heureusement, je me suis rappelé d’un conseil que mon ancien prof de boxe m’avait enseigné. En cas d’effort plutôt épuisant, inspire et expire, ce qui fait effectivement toute la différence, ce qui changera bien la donne. C’est juste car je redécouvre ça à 4 jours de la fin après plus d’1 mois de marche, mais bon cela me servira pour plus tard car je ne compte vraiment pas arrêter le sport. D’ailleurs l’idée m’est venu de reprendre la boxe.

 

Samedi 15 août : Locquéran

 

Flemme de marcher aujourd’hui, les 3 cafés du réveil n’auront pas servi, malgré mon impatiente envie d’arriver à l’hôtel, nous aurons un rythme plutôt tranquille et profitant du paysage. Bien que Emeline et moi sommes d’accord que c’est loin d’être le plus beau. Arrivés beaucoup plus tôt que prévu à Locqueran, ce qui nous confirme que les sentiers plats font toute la différence au niveau du timing. D’ailleurs le séjour se terminera sur du plat. Ce soir nous passerons la nuit dans une chambre d’hôtel, avec de vrais lits, en admirant les trombes d’eau que nous évitons. Mais demain risque d’être compliqué, ils annoncent de la flotte toute la journée mais je ne m’inquiète pas, la météo raconte souvent n’importe quoi. Et puis, dans le pire des cas, l’eau ça rafraichit !

 

Dimanche 16 août : Pénhors

 

Une petite journée nous attend, ça faisait longtemps qu’on avait pas fait de journée en dessous des 20 kms et ça fait du bien. En plus nous avons mangé une galette à 12h dans le bistrot du gars qui nous avait hébergé dernièrement. Avec lui bien sûr.
Comme nous n’avions plus beaucoup de km à faire, nous avons pris notre temps et comme il possédait une enceinte, j’ai pu lui raper 2 ou 3 textes dont un que j’ai écrit pendant la marche. Agréablement surpris, il m’a conseillé de continuer et d’enregistrer avec l’aide d’un producteur ce que je compte bien mettre en place.

 

Lundi 17 août : Guilvinec

 

La pression ! 47 km à faire en 13h ! Opération commando dès le matin. Je n’ai jamais été aussi vif et entrepris autant d’organisation pour partir le plus vite possible.
Même pas 6h du matin que nous voilà déjà parti pour la journée défi. Les 2 premières heures ont été les plus dures, la tête bien profond dans le cul car nous nous étions privés de café afin de gagner du temps. Les longues plages de galets ce qui ne nous facilite pas la tâche pour marcher. La nuit noire “aidés de nos lampes torche bien-sûr” mais qui n’illuminerons pas plus de 5 mètres devant nous, pas évident pour repérer le balisage. Evidemment je me suis trompé de chemin plus d’une fois ce qui me rendra nerveux, bref la totale, le début fut catastrophique. Le soleil commence à se lever et les pauses effectuées peuvent déjà se compter sur les doigts d’une main, la fatigue se fait ressentir, mais qu’une idée me vient en tête, ne pas lâcher prise. à quoi bon de toute façon. Une faim de loup s’empara de nous dès 11h, une pause déjeuner nous attend une fois la table de pique-nique trouvée miraculeusement sur notre route. Nous enlevons nos gros sacs impatiemment et mangerons nos provisions faites à l’avance. Nous comptons les kilomètre parcourus et par l’intermédiaire ceux qu’il nous reste. Je me rends compte que nous étions larges de au moins 2h30 par rapport au bus de prévu à 19h. Ma pression s’est volatilisée et le reste de la journée fut beaucoup plus paisible. Nous pouvons prendre le temps, et s’arrêter à un café, le 1er de la journée (suivi par une 2ème dans la foulée). Remis d’aplomb, je décide de profiter de mes derniers kilomètres de randonnée avant un long moment (ou pas), car je ne l’ai pas précisé, mais c’est notre dernière journée, ces dernières heures furent parfaites, le soleil les plages, les kms qui s’écoule plus vite que la lumière même si nos jambes commencent à se sentir lourdes. Rien ne nous arrêtera 2 km restant ! Après des dizaines de semaines, des centaines de kilomètres, des milliers de “bonjour” à des inconnus nous voilà sur la toute fin, beaucoup de mal à réaliser et pourtant c’était bien vrai ! La fin était proche, je m’étais fixé comme destination l’arrêt de bus (malgré qu’on soit large et qu’on se balade entre temps). Mais celle-ci était proche, je me suis remémoré tout notre parcours sans vraiment me rendre compte de cet exploit, car d’une part nous avons atteint 47 kms en un jour, mais nous avons surtout atteint le but final 937 kms en tout. Le sourire me monta aux lèvres instantanément quand je repensais à ce nombre.
Le voilà ! l’arrêt de bus tant attendu. L’envi de courir me prit mais mes jambes n’étaient pas sur la même longueur d’onde, alors je repris mon calme et marchai précipitamment seulement, plus que 3 mètres…2…1… FIN
Merci pour tout.
H.