Seuil

Marche de Matxxx  accompagné par Sarah du 14-12-2019 au 14-3-2020

 

Chers lecteurs, chères lectrices, Je m’appelle M. et j’ai 17 ans et je m’apprête à partir pour une marche de trois mois. Je vais vous expliquer ce que j’ai fait ces deux derniers jours de stage. J’ai appris à bien faire mon sac, à marcher avec et j’ai aussi tenu un livre de comptes. J’ai passé ces deux derniers jours en Bretagne et ce soir je vais partir au pays basque pour ensuite aller en Espagne. 
Ma motivation deux heures avant de partir est au plus bas, c’est vraiment très dur pour moi d’être loin de celle qui partage ma vie. Il suffit pour moi de regarder les photos que nous avons faites pour me rappeler nos bons souvenirs, son sourire etc… Elle me manque, mais j’imagine la fierté qu’elle aura en me revoyant dans trois mois. Je vais aussi vous présenter Sarah, mon accompagnatrice, qui respecte un peu trop les règles à mon goût, mais elle est fort sympathique. Elle sait m’écouter quand j’en ai besoin et c’est une grande aide pour moi. J’ai hâte que cette marche soit finie pour retrouver ma copine et lui faire vivre sa plus belle et sa plus longue histoire avec moi. Ce voyage risque d’être difficile, mais il va sûrement m’aider à m’améliorer, à changer.

 

Dimanche 15 décembre : Bayonne 

 

Aujourd’hui, ce 15 décembre, nous avons visité Bayonne. J’ai acheté un bracelet pour ma copine, ainsi que des cartes postales pour ceux que j’aime. Demain, premier jour de marche. Nous nous sommes reposés aujourd’hui en nous offrant un restaurant, ainsi que des marrons chauds. J’ai aussi eu mon père au téléphone et ça m’a fait beaucoup de bien. Demain, le voyage commence et ce moment me fait peur, mais il est important. 

 

Lundi 16 décembre : Ustaritz
 

Premier jour de marche. 14 km assez facile, mais qui ont laissé de belles courbatures. L’église a bien voulu nous accueillir pour la nuit. A 17h, je suis allé au médecin. J’ai une belle angine pour débuter cette marche. En sortant du médecin, gros coup de blues. J’ai pensé à ma copine, à quel point elle me manque et les larmes ont coulé. J’ai hâte que ce périple soit terminé. C’est avec le moral à zéro que je suis allé me coucher. 

 

Mardi 17 décembre : Espelette et retour à Bayonne 

 

Aujourd’hui, je me suis réveillé avec des courbatures monstrueuses, impossible pour moi de bouger sans ressentir la moindre douleur. Nous partons de l’église, j’ai la tête remplie de mauvaises pensées, mais je me laisse la matinée pour essayer de continuer. Aujourd’hui, nous devions arriver en Espagne, mais avant ça, 20 km en montée et en descente prévus. Je ne sais pas si je vais tenir avec la douleur que je ressens. Bon, nous avons fait une boucle, donc perdu du temps et de l’énergie. Mon moral baisse à vue d’oeil. Nous nous sommes perdus et durant la route de ce matin, mes pensées m’ont emporté. J’abandonne, ma décision est prise. Je suis triste de décevoir ceux que j’aime. Ils n’imaginent pas comment je me sens mal, mais je suis incapable de continuer cette marche autant moralement, que psychologiquement. J’espère qu’ils retiendront l’essentiel, que ce départ m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses, que je souhaite me reprendre en main autant dans ma vie privée, que dans ma vie professionnelle, que je ne voulais vraiment pas les décevoir et que je les aime. C’est sûrement la fin du voyage pour moi. 

 

Mercredi 18 décembre : Bayonne 

 

Cela s’est mal passé. Je suis parti. Avec Paul, nous avons trouvé un compromis qui me motive. 

 

Jeudi 19 décembre : Urdax à partir d’Espelette 

 

Aujourd’hui, je reprends la marche, mais pour une destination plus courte. Mon voyage s’arrêtera à Saint-Jacques-de-Compostelle et jusqu’à là je n’ai pas le droit d’abandonner. J’ai eu mon père au téléphone. Il m’encourage et essaiera de me rejoindre à la fin de cette marche si cela est possible. J’ai aussi eu ma copine et la confiance que je lui accorde grandit de jour en jour. Ses encouragements et ses mots d’amour m’ont donné encore plus de motivation que j’en avais ce midi. Aujourd’hui, je me lance, à nouveau, dans ce voyage et cette fois-ci, je ferai tout pour ne pas abandonner. J’arriverai à Saint-Jacques fier du parcours accompli, presque 900 km et j’aurai fini, ce voyage qui m’aidera. J’espère sincèrement y arriver, cette fois je suis motivé et je veux le faire pour mon père, ma mère, mon meilleur ami, ma copine et pour moi-même. 

 

Vendredi 20 décembre : Elizondo 

 

Aujourd’hui, j’ai pas mal de motivation. Nous partons quand il fait encore nuit. Beaucoup de montées et beaucoup de chemins en forêt et 19 km à faire. Je sais que je peux le faire. Arrivés à l’auberge, les matelas sont confortables. Il fait bien chaud, mais beaucoup de courbatures. Une bonne nuit de sommeil, des étirements et de la crème et ça devrait passer. Nous avons visité le village très agréable. Demain, 9 km ça sera facile. 

 

Samedi 21 décembre : Berroeta 

 

Départ assez tardif. Aujourd’hui 9 km et beaucoup de montées. J’avais prévu de faire deux jours en un, mais Sarah avait trop mal à sa cheville pour aller plus loin que Berroeta. Nous sommes dans la seule auberge du village très petit, sans vie. L’auberge est très belle de l’intérieur et très bien équipée. Il ne manque que le chauffage. Aujourd’hui, nous avons eu beaucoup de montées et les paysages … Nous avons vu plusieurs arcs-en-ciel. C’était agréable à voir. Il y a eu beaucoup de vent au point où nous avons failli tomber. Les chemins étaient très beaux. Je suis très motivé. J’ai hâte d’arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle et de finir ce voyage.

 

Dimanche 22 décembre : Olague 

 

Aujourd’hui, étape difficile, beaucoup de montées et les chemins étaient boueux et humides. Avec les chaussures que j’avais, j’ai fini les pieds trempés durant deux bonnes heures. Heureusement, la motivation était au rendez-vous, ce qui m’a fait avancer avec Sarah rapidement. J’ai hâte d’être demain soir à Pamplona pour goûter les tapas. Je vais me coucher dans cette auberge sans chauffage, cinq couvertures pour moi. Bonne nuit. 

 

Lundi 23 décembre : Pamplona 

 

Aujourd’hui 23 km. Nous partons pour Pamplona. La route était surtout en montée, donc beaucoup de pauses. Nous sommes à 900 m d’altitude, très belle vue, les pieds sont habituellement trempés. Ce soir, je change sûrement de chaussures. Arrivés à Pamplona, les auberges pas chères sont fermées, donc sera 15 € chacun pour cette nuit. Dans l’auberge, il y a du monde, bonne ambiance. Je rencontre pas mal de monde dont Simon, un italien, très sympa qui parle français. Je suis assez déçu de ne pas avoir eu assez d’argent comme prévu pour aller manger les tapas. Heureusement qu’à la place, nous avons pu aller faire notre première machine. Porter des vêtements propres était très agréable. Demain direction Puente la Reina. 

 

Mardi 24 décembre : Puente la Reina 

 

Aujourd’hui, je pars avec de nouvelles chaussures et pour 29 km. L’étape est assez longue, mais voir Pamplona et les grandes montagnes derrière, cela était assez agréable. Nous sommes arrivés à l’auberge et Seuil nous a offert 17 € supplémentaires. A l’auberge, Simon nous a rejoints. Ce sera un réveillon loin de ma copine physiquement. Mais elle est toujours dans mes pensées et dans mon coeur. Si je pouvais lui dire une chose ce soir, c’est que je lui souhaite un joyeux réveillon, que je l’aime et que je serais le plus heureux du monde si tous mes prochains Noël étaient à ses côtés.

 

Mercredi 25 décembre : Estella 

 

Nous sommes partis de bonne heure en groupe de sept, moi, Sarah, Simon et Monica, deux italiens, Bernardo, l’argentin, Alicia, une ukrainienne et Yang-Yang, un chinois. 5 mn plus tard au pont de Puente la Reina, une tradition veut que nous passions le pont pieds nus, ce que nous avons tous fait. Le pont était glacial, mais c’était drôle. Arrivés à Estella, il n’y a qu’un seul gîte d’ouvert à 15 € chacun. Il est magnifique et notre petit groupe est au complet. 

 

Jeudi 26 décembre : Logrono 

 

Nous prenons le bus pour Logrono où j’ai un rendez-vous médical chez un dentiste (pour trois taches noires sur les dents). Pas grand-chose à dire de cette journée, mis à part que les italiens nous ont rejoints à l’auberge, ce qui était une agréable surprise. 

 

Vendredi 27 décembre : Logrono 

 

Aujourd’hui, j’apprends que Sarah quitte la marche et que Clémence va la remplacer. J’espère que cela ne mettra pas de retard dans mon chemin, car je ne veux pas rajouter une seule journée supplémentaire. Nous sommes partis marcher en direction de Viana et au retour à l’auberge, Bernardo, Yang-Yang et Alicia étaient là. Quelle agréable surprise. Ce soir, pâtes carbonara pour moi et Sarah. J’ai hâte de préparer tout ça.

 

Samedi 28 décembre : Navarrete 

 

Aujourd’hui pas grand-chose à dire. Nous prenons le bus pour Navarrete. Ce matin, nous avons bu beaucoup de jus d’orange. Je pense fort à ma copine. Elle me manque tant. 

 

Dimanche 29 décembre : Najera 

 

Dernier jour de marche avec Sarah et 16 km. Un super chemin avec plein de piliers de pierres faits par les randonneurs. Nous réussissons avec facilité la marche. Arrivés à l’auberge, nous attendons Clémence et beaucoup de monde arrive. Aujourd’hui, il ne me reste plus qu’un mois avant de finir la marche et de rentrer. J’ai vraiment hâte. 

 

Lundi 30 décembre : Santo Domingo de la Calzada 

 

Ce matin, ce sont les “au revoir” avec Sarah et un nouveau départ avec Clémence dans une température se rapprochant de zéro degré. La marche se passe plutôt bien et nous faisons de super photos pour mon album. Nous croisons les rares randonneurs qui affrontent l’hiver et nous en retrouvons la plupart à l’auberge. A l’auberge, petite sieste et bonne ambiance à cette soirée à l’auberge. Nous sommes allés faire les courses etc … Demain, aucune idée du programme à cause des auberges fermées.

 

Mardi 31 décembre : Granon 

 

Dernier jour de l’année 2019 et je ne suis même pas avec ma copine. Bref, moral à zéro et j’ai préféré partir dans mes rêves pour ne plus penser à tout ça. Je sais que je vais commencer 2020 avec une fille géniale qui s’appelle K. et que je terminerai 2020 à ses côtés et dans de bonnes conditions. Résumé d’aujourd’hui, j’ai croisé un français super cool, mais je me suis arrêté à Granon. Bref, aujourd’hui, j’ai perdu une journée, mais je la récupèrerai le 29 janvier 2020. Je serai à Santiago, ça je le sais et je m’interdis le moindre jour de retard. Le repas communautaire était convivial, mais j’aurais préféré le passer aux côtés de celle que j’aime. Le camino est vraiment difficile psychologiquement, mais je dois le faire pour ma famille, pour ma copine et moi-même

 

Mercredi 1er janvier : Espinosa del Camino 

 

Aujourd’hui, nous partons de Granon avec un passage important, nous passons de la Rioja Castilla y Léon. Ce soir, je pourrai appeler mes parents et ma chère et tendre copine. A Belorado, nous retrouvons Martin et Sarah pour marcher quelques kilomètres avec eux. Je viens de passer les appels, ça fait un bien fou. Je crois que rien au monde m’est aussi merveilleux que d’entendre la voix de celle que j’aime, de l’entendre rigoler. 

 

Jeudi 2 janvier : Atapuerca 

 

Aujourd’hui départ à 9h30 et les moments de silence se font naturellement jusqu’au passage dans la forêt. Une fois arrivés en haut où la forêt descend une discussion bête où les propos de Clémence ne sont pas fondés et donc idiots éclate. Un exemple rapide de la discussion. Je cite “au bout de plusieurs années de.relation, être intéressé par d’autres est normal”, ce que je trouve. inconcevable quand les sentiments sont réels. Bref, j’ai avancé plus d’une dizaine de kilomètres seul jusqu’à retrouver mes amis randonneurs. Une fois avec eux, j’ai continué la marche sur 5 km jusqu’à l’auberge. Je suis vachement énervé de la conversation avec Clémence, même si il y a eu d’autres sujets, celui-ci était le plus idiot à entendre. En tous cas, pour moi, il est et serait inconcevable de tromper ma copine. Comme un ami marcheur a dit “ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse” et je suis totalement d’accord avec ça. Je vais finir ce blog du 2 janvier avec un petit message pour ma copine. Je t’aime et je te resterai fidèle. J’ai hâte de te retrouver car chaque jour loin de toi semble une éternité de souffrances. 

 

Vendredi 3 janvier : Burgos 

 

Départ d’Atapuerca assez tardif. Notre cher ami, William, doit se rendre à l’hôpital, suite à des douleurs au dos. Nous lui appelons un taxi, lui écrivons des phrases qui lui seront utiles à l’hôpital et nous partons une fois que le taxi est arrivé. Il y a un brouillard très désagréable et une côte assez raide. Nous arrivons à Burgos. Nous mettons une heure pour rejoindre l’auberge en plein centre. Arrivés à l’auberge, nous retrouvons William en pleine forme, mais plusieurs jours de repos lui ont été donnés. Nous mangeons ensemble avec d’autres amis randonneurs au restaurant et nous allons nous coucher dans des lits en confort et un dortoir très bien chauffé. 

 

Samedi 4 janvier : Hornillos del Camino 

 

Petit déjeuner offert par William et ce sont des “au revoir” au moment du départ. Mais nous espérons le revoir au plus vite et nous gardons contact avec lui. La route de passe bien et nous arrivons dans une auberge non chauffée. 

 

Dimanche 5 janvier : Castrojeriz 

 

Grand chemin dans la meseta et de beaux paysages. Je suis heureux de beaucoup de choses. J’irai à Finisterre avec mon père. Je souhaiterais appeler ma copine dès ce soir pour la prévenir et être rassuré. Quoiqu’il advienne, je serai de retour chez moi avant le 10 février pour faire la Saint Valentin avec elle. Elle me manque tellement. 

 

Lundi 6 janvier : Fromista 

 

Hier soir appel avec Paul. Je le mets au courant que j’irai au Cap Finisterre et je lui demande si je peux appeler ma copine. Je me suis reçu une réponse totalement éloignée de la question, je me suis senti offensé et j’ai eu l’impression de ressentir un gros manque de respect envers ma copine. Pour moi, on ne peut pas juger quelqu’un que l’on ne connaît pas. J’ai décidé d’arrêter de fumer du cannabis et je sais qu’elle me suivra dans ce choix. Aujourd’hui, j’ai marché avec certaines pensées. La marche se passe bien. Arrivé à l’auberge, je m’endors. Je me réveille de mauvaise humeur, fatigué et je ne fais pas les étirements. Je me décourage psychologiquement, mais je veux avancer, continuer. Je fais cette marche pour moi, pour K., mon père et mes futurs projets, alors j’irai jusqu’à Finisterre et serai de retour avant le 10 février. Je serai présent auprès de ma chérie pour la Saint-Valentin.

 

Mercredi 8 janvier : 

 

Aujourd’hui, pire petit déjeuner possible. Pour moi, des pâtes carbonara, biscuit Nutella et pour Clémence, soupe aux oignons. Départ pour 28 km. Il fait beau, les premiers kilomètres se font facilement et arrivés à la première pause, nous savons qu’il y a 12 km sans rien à part le chemin. Nous nous lançons un défi de ne faire aucune pause durant les 12 km. Challenge réussi et la pause est grandement acceptée. Je goûte pour la première fois des tortillas. Le bar a des tables dehors et au soleil, c’était le “top” et des chats étaient présents, presque une dizaine, le propriétaire devenait fou. Nous reprenons la route et au loin à notre droite, nous pouvons voir de superbes montagnes avec la neige éternelle. Arrivés à l’auberge, à côté, nous voyons des bodegas, des espèces de maisons de hobbits. L’auberge est “top” et trop chauffée. Ce soir, restaurant car notre auberge prévue était fermée, donc 3 km en plus et 31 km accomplis aujourd’hui. Cela se fête une première fois au-dessus de 30 km. Bonne nuit. 

 

Jeudi 9 janvier : 

 

Aujourd’hui réveillé à 5h45 et départ à 6h30 pour retrouver Marco 10 km plus loin. Marco est notre ami italien. 28 km au programme, pas grand-chose à dire sur la route. Je parle beaucoup avec Marco, un ex-militaire des Forces spéciales. Je l’apprécie énormément. Arrivés à l’auberge, nous retrouvons deux coréens que nous connaissons. Une petite sieste s’impose. Ce soir au repas grande soupe communautaire. Pendant la préparation, un homme supposé dangereux rentre dans la maison. Il est mis dehors. Au moment où nous voulons lui offrir un repas, il devient violent. Deux fois, la guardia civile (police), est venue. Au final, nous nous couchons très tard et demain Mansilla.

 

Vendredi 10 janvier : Mansilla 

 

Départ pour Mansilla une vingtaine de kilomètres à peu près. L’étape se passe bien et nous arrivons avant que l’auberge ouvre, donc je mange un bocadillo avec Marco. Marco et moi avons beaucoup parlé de son passé, nous nous comprenons car nous sommes passés par des choses semblables. Après avoir fait une machine à laver, je pars direction la bibliothèque pour voir les messages de Kelly, mais celle-ci était fermée, deuxième échec consécutif. Nous visitons la ville, faisons les courses etc … et ce soir, korea food, mais avant ça nous passons devant le musée ouvert. Une exposition gratuite sur le jeu de l’oie, moi et Marco préférons l’architecture du musée, plutôt que l’exposition. Nous rentrons à l’auberge, la table et le repas en train d’être fait. Pour moi et Marco, c’est une partie de Uno jusqu’au repas. Ce fut un régal, 4-5 assiettes pour moi et presque autant pour les autres et il reste du rab. 

 

Samedi 11 janvier : Léon 

 

Départ de Mansilla pour Léon, pas grand-chose à dire sur la route. La journée commençait bien jusqu’à ce que je fonce à la bibliothèque voir les messages de celle qui m’avait fait tant de promesses et en qui j’avais placé toute ma confiance, m’annoncant qu’elle me quitte. Je suis vide en sortant de là. J’ai des idées noires que je tente de chasser. Ma volonté de marcher m’a quitté. Plusieurs sentiments sont présents : la tristesse, la haine, la colère, la vengeance, le mal être, le désespoir et surtout l’incompréhension. Comment celle que j’aime et pour qui je donnerai corps et âme, peut-elle penser que je la manipule. Je ne veux pas croire tout ça, je ne peux pas comprendre. J’avais fait beaucoup d’erreurs, mais elle m’avait pardonné alors pourquoi… Je ne comprends rien. Je réfléchis trop putain, je veux arrêter de penser ça bousille. J’en peux plus chaque fois que je vais mieux, je perds ce que j’ai de plus cher et là ce fut l’amour de Kelly. 

 

Dimanche12 janvier : 

 

Hier, visite de la cathédrale et aujourd’hui départ pour Hospital de Ortigo. C’est un calvaire de marcher et de penser à tout ce que je viens de perdre hier. Ma tête explose, mon coeur s’emporte et mon estomac se tord et tout cela au sens figuré. J’ai mal, je veux tout arrêter, pouvoir penser à autre chose, faire un genre de deuil sur tout ce que Kelly m’apportait et que j’ai perdu. Je déteste l’amour. J’ai envie d’être le pire maintenant à son égard, mais les changements que la marche ont eu sur moi me l’en empêchent. A la place, je voudrais la voir une dernière fois, pour moi aussi tourner la page. Le soir, impossible de m’endormir à cause des cauchemars et des mauvaises pensées, c’est vers 1h du matin que je dors malgré mes nombreux cauchemars. Demain, je ne sais pas si je continuerai la marche. Physiquement et mentalement je suis trop mal pour continuer. 

 

Lundi 13 janvier 

 

J’arrête la marche. Je ne veux pas me voir redevenir comme en février. J’arrête ici pour de bon. Je dois m’évader de tout ça avant de sombrer à nouveau. Je n’arrive toujours pas à croire que j’ai perdu celle que j’aimais plus que moi-même, celle à qui j’ai offert je sais plus combien de trucs en pensant lui témoigner mon amour. Cela n’a pas suffi. Si j’avais une chose à dire à ceux qui lisent ça, si vous aimez vraiment la personne qui partage votre vie, ne faites pas comme moi j’ai fait. Faites ce que je comptais faire à mon retour, rendre cette personne heureuse tous les jours, montrez-lui votre amour et surtout ne faîtes pas le con comme j’ai pu le faire… car aujourd’hui, je regrette et il est déjà trop tard pour que je récupère celle que j’aime.
M.